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Des réfugiés partagent des images de leur séjour sur un bateau de croisière à Velsen-Noord au Pays-Bas

Pays-Bas : des réfugiés partagent des images de leur séjour sur un bateau de croisière à Velsen-Noord - Tiktok

Hébergés sur un bateau de croisière à Velsen-Noord, des réfugiés dévoilent la vie à bord. Des conditions de vie confortables qui provoquent la colère des internautes.

Début octobre 2022, la municipalité d’Amsterdam annonçait l’hébergement temporaire de plus de 1000 demandeurs d’asile. Faute de places dans les structures existantes, les responsables néerlandais ont eu recours à un bateau de croisière pour accueillir les réfugiés.

Amarré dans un port de la ville, et plus précisément, dans la zone industrielle de Westelijk Havengebied, l’immense navire peut héberger jusqu’à 1 500 demandeurs d’asile, si besoin. À titre d’information, ce dispositif de grande envergure est financé par le gouvernement du royaume des Pays-Bas.

Il faut bien l’avouer, l’exécutif néerlandais n’a pas fait les choses à moitié. Certains réfugiés sur un autre navire, à Velsen-Noord, à l’est du pays, ont d’ailleurs partagé des photos et des vidéos qui témoignent des conditions de vie plus qu’acceptables à bord.

Image d’illustration – Depositphotos

Des images de la vie à bord

Depuis le début du processus d’asile, le bruit a couru selon lequel les demandeurs d’asile à bord du bateau de croisière vivent dans l’abondance. Un certain Geert Wilders a révélé sur Twitter que ces derniers reçoivent gratuitement de la nourriture chaude, du chauffage et des soins sur le navire. D’autres réfugiés ont aussi partagé des images de la vie à bord du navire.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils sont temporairement à l’abri du besoin. Malgré tout, ces photos et vidéos qui circulent sur la Toile peuvent provoquer la colère de nombreux Néerlandais. La raison ? Ils ne peuvent pas payer leurs factures d’énergie et de nombreuses personnes âgées portent des couches en raison d’un manque de personnel soignant.

Tout est gratuit pour les demandeurs d’asile. Bons plats chauds, chauffage, soins. Tout cela pour rien sur des bateaux de croisière de luxe. Alors que notre propre peuple ne peut pas payer ses factures d’énergie et que de nombreuses personnes âgées portent des couches en raison d’un manque de personnel de santé.

Traduction d’un texte de Geert Wilders

Ils mangent une demi-tarte aux pommes en dessert. Après un dîner de viande, pommes de terre, riz et légumes divers. À notre charge. Alors que les familles néerlandaises avec enfants sautent des repas et ne peuvent plus payer leurs courses. LA HONTE!

Traduction d’un texte de Geert Wilders

Un contraste par rapport aux conditions de vie désastreuses à Ter Apel

Certains l’ignorent peut-être mais la situation était des plus préoccupantes dans le centre d’hébergement surpeuplé de Ter Apel, près de Groningue, au nord des Pays-Bas. De nombreux réfugiés campaient à l’extérieur, faute de places.

Des correspondants de l’AFP, rapportent nos confrères de BFMTV, ont vu sur place des réfugiés allongés sur le sol sous des bâches de fortune, près d’une rangée de toilettes portables sales et sans autre équipement. Plus de 700 de demandeurs d’asile ont vécu dans ces conditions.

La situation n’a fait qu’empirer jusqu’à la disparition d’un bébé de trois mois. À en croire les informations à ce sujet, le nouveau-né ne supportait pas les conditions de vie déplorables dans le centre d’accueil. Cette tragédie a poussé le gouvernement néerlandais à mettre sur place ce dispositif d’hébergement sur un bateau de croisière.

De son côté, Rutger Groot Wassink, conseiller municipale d’Amsterdam, se félicite de la mise en place de ce dispositif. Certes, il s’agit d’une solution temporaire. Malgré tout, ce mode d’hébergement va « aider à résoudre la situation humanitaire inquiétante à Ter Appel », confie-t-il.

Par ailleurs, il a profité de cette occasion pour insister sur le fait que le gouvernement doit travailler avec les municipalités en vue d’une réforme du système d’asile aux Pays-Bas.

Un mode d’hébergement décrié

Tout porte à croire que la municipalité d’Amsterdam a évité le pire en acceptant d’héberger des demandeurs d’asile sur un navire. « Avec l’arrivée du bateau de croisière à Amsterdam, nous faisons un pas de plus ensemble vers la résolution de la crise dans le processus d’asile », estime Eric van der Burg, secrétaire d’État néerlandais chargé de l’Asile et des Migrations.

Ce mode d’hébergement ne fait cependant pas l’humanité. Des groupes de défense des droits de l’Homme ont pointé du doigt un premier projet de ce genre. Il s’agit du bateau de croisière amarré dans un port du village de Velsen-Noord. Ils ont décrit cette option comme « absurde ».

De son côté, le Conseil pour les réfugiés a déclaré dans un communiqué : « Il n’est pas nécessaire de faire des recherches pour comprendre que vous ne pouvez pas imposer cela à des personnes qui ont fui la gu*rre et les vi*lences. Nous comprenons que les solutions sont difficiles pour faire face à cette crise mais celle-ci est la plus laide qu’il soit »

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