Santé

Vaccination : comment des Français non prioritaires ont-ils pu être vaccinés en premier ?

Un vaccin
Certains Français non prioritaires auraient été vaccinés avant les autres. Crédits : Pixabay.

La stratégie vaccinale préconisée par le gouvernement entend vacciner en premier les plus fragiles. Pourtant, des personnes ne présentant aucune pathologie ont quand même reçu les deux injections nécessaires. Comment est-ce possible ?

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Depuis le début de la campagne de vaccination en France, les professionnels de santé doivent respecter un calendrier vaccinal précis. Les plus fragiles doivent recevoir les deux doses en priorité, avant le reste de la population.

Alors que le nombre de vaccins disponibles semble insuffisant, une autre polémique enfle : certains Français en bonne santé auraient bénéficié de passe-droits. Comment est-ce possible ?

La plateforme Doctolib permettrait aux Français de tricher

Premier problème logistique : Doctolib et les autres plateformes de prises de rendez-vous médicaux en ligne. Qu’il s’agisse de la première, comme de Maiia ou Keldoc, toutes ont pour but de fluidifier les rendez-vous chez les généralistes pour accélérer la campagne de vaccination. Le site du gouvernement Sante.fr renvoie d’ailleurs sur ces sites.

Or, ce système d’inscription repose sur la bonne foi. En clair, les plateformes ne peuvent pas vérifier si les internautes prenant rendez-vous sont bien prioritaires pour un vaccin. Comment savoir, par exemple, qu’une femme de 75 ans est bien prioritaire en raison d’une pathologie à risque ? « Il n’y a pas de moyen de le contrôler sur les plateformes d’inscription en ligne », déplore auprès du HuffPost Luc Dusquenel, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF).

Certains Français tricheraient et prendraient donc rendez-vous à la place des personnes prioritaires. Une fois face au médecin dans son cabinet, difficile pour le professionnel de renvoyer le patient. D’autant plus que si les flacons ont été sortis du frigo, ces derniers doivent servir dans les six heures. « Si nous disons non à un patient qui a pris rendez-vous, nous risquons de devoir jeter le vaccin quelques heures plus tard », explique ainsi Anne-Laure Bonis, professionnelle de santé.

Des passe-droits pour certains privilégiés ?

Autre problème de taille dénoncé par la CGT le 28 janvier dernier, plusieurs personnalités auraient reçu les deux doses du vaccin avant tout le monde. Mr Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP ainsi que Mr Frédéric Batteux, responsable du centre de vaccination de l’Hôtel-Dieu, auraient décidé de vacciner l’ensemble du personnel de la mairie de Paris et d’autres privilégiés, affirme la CGT. Des vaccinations qui auraient eu lieu « en dehors de tout critère médical de risque. »

Ces allégations ont notamment fait réagir le maire du 17e arrondissement de Paris, Geoffroy Boulard. Avant l’alerte de la CGT, plusieurs médecins auraient également dénoncé des passe-droits. Ces professionnels de santé auraient alerté par mails la mairie du 17e arrondissement de Paris pour déplorer le fait que « des secrétaires administratifs, des membres de la préfecture de police et l’ensemble du personnel soignant bénéficiaient de coupe-files ».

Une enquête de FranceInfo, publiée le 9 février, révèle également que certains élus auraient bénéficié de « coupe-files » à l’hôpital américain de Neuilly. Ces notables auraient reçu les premières doses de vaccin, alors même que certains soignants de l’établissement hospitalier attendaient d’être vaccinés. Il s’agirait d’une vingtaine de membres du “Board of Governors” (conseil d’administration), qui s’avèrent être des dirigeants d’entreprise et personnalités internationales.

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