Actualités

Brest : un homme tabassé avec une barre fer pour s’être plaint de tapage nocturne


Nicolas, un père de famille brestois a été sauvagement agressé en pleine nuit par des jeunes. Un voisin a pu voir la scène et témoigne.

On parle de :

À lire aussi : Il regarde une autre femme dans l’avion, sa copine le tabasse avec un ordinateur portable

Un fait divers glaçant survenu dans une cité de Brest. La vie de Nicolas, 35 ans, bascule le 19 mai dernier vers 22h15, à la suite d’une agression brutale.

Ce soir-là, le père de famille, dérangé par du tapage nocturne décide de sortir pour demander un retour au calme. Mais les auteurs des nuisances sonores, deux jeunes, lui répondent en le rouant de coups avec des barres de fer.

Bruits sourds et violents

La vie de Nicolas a pu être épargnée in extremis, grâce à l’alerte que les voisins ont lancés aux forces de l’ordre. Dans un entretien avec Le Figaro, l’un d’entre eux a raconté le déroulement des faits.

Ainsi, tout aurait commencé par une porte qui claque, celle à l’entrée de l’immeuble. Si le témoin a d’abord pensé à un acte de vandalisme, il va découvrir une scène barbare. En effet, deux individus étaient en train de passer à tabac Nicolas.

 « Nous restons dans le salon et au son des bruits, nous comprenons que c’est très grave. Au début, je pensais à une bagarre entre dealers, mais j’entends une voix masculine appeler à l’aide. Je comprends qu’une victime innocente se fait agresser. Et j’appelle la police, qui a déjà reçu d’autres appels d’habitants de la cité. Je les supplie de faire vite. J’entends l’homme hurler et les fracas de son corps tomber à répétition contre ma porte », a-t-il détaillé au Figaro.

Bain de sang

D’après ce témoignage, la police est arrivée 5 minutes seulement après le coup de fil. Rassuré, l’homme s’autorise alors à entrouvrir sa porte. Notamment pour signaler que les agresseurs avaient pris la fuite. Quelques secondes pour balayer du regard le hall et deviner avec terreur l’ampleur des dégâts…

« À cet instant, je vois avec effroi tout ce sang couler sur le sol, les portes des voisins, les escaliers… Un bain de sang ! Mais un policier me somme de refermer ma porte pour ne pas souiller la scène de crime. »

Ce sera donc en lisant la presse locale le lendemain, qu’il réalisera la violence sans nom dont son voisin a été victime. Les informations ont ainsi relaté qu’on a battu Nicolas à coups de barres de fer !

Nicolas, totalement dévasté  

Et la gravité des blessures infligées en dit long sur l’atrocité du massacre. Si le père de famille s’est finalement réveillé après deux semaines dans le coma, il souffre de nombreuses lésions.

Notamment, un enfoncement de son nez et sa mâchoire dans sa boîte crânienne. Une déformation qui lui a valu plusieurs chirurgies de reconstruction faciale et dont il garde 4 larges cicatrices ! Le Figaro rapporte également une fracture de la rotule qui l’a privé de l’usage de ses jambes. Actuellement, Nicolas est en rééducation pour réapprendre à marcher.

Le plus grave étant les multiples traumatismes cérébraux. Même si on en ignore l’étendue des conséquences, les médecins estiment qu’ils le handicaperont à vie.

Traumatisme et culpabilité

Et même s’il a vécu l’agression de manière indirecte, le voisin de Nicolas non plus, n’en sortira pas indemne. Depuis, il fait des crises d’angoisse. Un état de stress post-traumatique auquel s’ajoute le regret de ne pas avoir agi. Ce pourquoi, il consulte aujourd’huiun psychologue !

« Pendant plusieurs jours, je n’osais même plus sortir. J’ai aussi un sentiment de culpabilité : aurais-je dû ouvrir ma porte pour aider mon voisin à se réfugier ? Dans la cité, personne ne se parle, les gens ont peur ou s’en fichent. C’est pour cela également que je témoigne aujourd’hui : il ne faut pas rester indifférent. Car un jour ou l’autre, cela peut arriver devant chez soi », a-t-il confié au quotidien.

Et pourtant, c’est un habitué des quartiers chauds. « J’ai vécu plus de 30 ans dans les cités les plus problématiques du 93, et jamais je n’ai vu un tel acte de barbarie. J’ai habité à Bondy, à La Courneuve, Saint-Ouen, Bobigny : je connais le sentiment d’insécurité, et je vois ici la naissance de tout cela », a-t-il souligné.

Tapages récurrents

Par ailleurs, le témoin a pointé du doigt l’impuissance des forces de l’ordre face à cette dangereuse montée de violence.

« On est constamment gênés par ces jeunes qui mettent le bazar avec leur musique tous les soirs. À chaque fois que j’appelle la police pour des nuisances sonores par exemple, j’ai l’impression de ne pas être pris au sérieux. Souvent, les agents arrivent 45 minutes plus tard. Je les vois patrouiller uniquement dans la rue principale. Ils n’entrent pas dans la cité. Sans doute par manque de moyens : ils sont deux à venir face à une douzaine de jeunes enragés et alcoolisés ! » a-t-il néanmoins précisé.

En outre, d’après cet habitant, « la police nationale ne déploie pas assez d’effectifs le soir. Un policier m’a dit que seulement deux voitures circulaient dans Brest après 18 h : c’est grave ! ». Or, 80 % des agressions se dérouleraient après 18 h.

Les agresseurs arrêtés

Quant aux agresseurs, il s’agirait de deux frères dont les noms restent inconnus. Selon la presse, les prévenus âgés de 34 et 29 ans ont comparu devant le parquet de Brest. Inculpés de tentative de meurtre, ils seraient actuellement en détention provisoire.

Signaler une erreur