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Scandale Macron : le rachat des turbines d’Alstom lui revient à la figure


Le président de la République nage en pleine tourmente. En effet, l’actuel chef de l’État est pris dans un tourbillon médiatique à cause du dossier Alstom. Depuis les révélations du Canard enchaîné le 15 février 2022, une partie de la classe politique a twitté avec le hashtag #ScandaleMacron.

A deux mois du premier tour de la présidentielle, Emmanuel Macron multiplie les apparitions médiatiques et les meetings. Le 16 février 2022, l’actuel locataire de l’Élysée était notamment à Toulouse. Le potentiel candidat à l’élection y a tenu un discours sur le spatial. Cependant, c’est pour un autre sujet qu’il fait parler de lui. En effet, le dossier Alstom fait couler beaucoup d’encre depuis les informations relayées par le Canard enchaîné.

Le rachat des turbines d’Alstom est sans nul doute un projet qui tient à cœur au président de la République. Ainsi, il faut croire que l’exécutif n’a pas lésiné sur les moyens pour que cet accord avec l’américain General Electric (GE) soit conclu. En effet, EDF, propriété à 83,68 % de l’État, aurait déboursé plus d’un milliard d’euros pour le retour de cette branche énergie dans le giron français. Voilà une information qui a déclenché de vives réactions dans l’opposition.

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Qui a vendu General Electric ?

En 2014, Emmanuel Macron, ministre de l’Economie avait validé la vente d’une partie des activités nucléaires d’Alstom, notamment les turbines Arabelle au géant américain GE. A l’époque, cette cession avait déjà fait couler beaucoup d’encre. Son prédécesseur Arnaud Montebourg y était d’ailleurs opposé.

Déjà entre 2012 et 2014, Macron, secrétaire adjoint à l’Élysée, aurait «mandaté secrètement le cabinet américain A. T. Kearney pour étudier la vente d’Alstom à GE », d’après le journal satirique. Il aurait pris cette initiative sans informer Arnaud Montebourg et François Hollande, le ministre de l’Economie et le président de la République à l’époque.

Cette année, l’actuel locataire de l’Élysée souhaite donc récupérer ces activités nucléaires d’Alstom en concluant un accord, loin de faire l’unanimité, avec GE. La raison ? Le rachat des turbines Arabelle coûterait 1,050 milliard d’euros à EDF. Toujours selon le journal satirique, cette somme astronomique représente le double du prix de vente de cette production au géant américain en 2015.

Qui est le propriétaire d’Alstom ?

EDF va reprendre la fabrication des turbines pour réacteurs nucléaires à la demande de l’actuel locataire de l’Élysée. « Alstom, c’est le péché originel dans l’aventure macronienne », a d’ailleurs déclaré le président de la société d’études PollingVox, Jérôme Sainte-Marie. En ce sens, le chef de l’Etat veut apparemment rattraper le coup à deux mois du premier tour. Pourtant, EDF va débourser plus d’un milliard d’euros pour une boîte réduite.

En 2015, ces activités nucléaires avaient coûté 585 millions d’euros à GE. Pourtant, le géant américain exige qu’une partie de la fabrication reste sur le sol américain. La société «conservera également – et dans le monde entier – la maintenance des turbines des centrales à charbon». Du coup, EDF va racheter une «boîte rétrécie […] d’environ un quart par rapport à ce qu’avait vendu Alstom ».

Inévitablement, cette décision d’Emmanuel Macron a provoqué un tollé dans le milieu politique. L’opposition n’a en effet pas tardé à réagir à ce rachat des turbines d’Alstom. « Macron compte célébrer avec tambour et trompettes le rachat de ce qu’il a bradé », balance Jean-Luc Mélenchon. De Marine Le Pen à Bastien Lachaud en passant par Jérôme Rivière, tous ont twitté avec le hashtag #ScandaleMacron.

Marine Le Pen
Marine Le Pen promet de faire la lumière sur cette affaire – ©twitter /@MLP_officiel
Jerome Riviere
Un rachat qui ne fait pas l’unanimité – ©twitter /@jerome_riviere
Bastien Lachaud
Une initiative pour financer ses campagnes ? – ©instagram/ @LachaudB

Emmanuel Macron se justifie sur le dossier Alstom

Face à ce scandale, le possible candidat à la présidentielle s’est justifié le 10 février dernier devant les ouvriers de l’usine de Belfort sur cette vente en 2015. Emmanuel Macron a tout d’abord rappelé qu’il était « collaborateur » de François Hollande à l’époque. Ce, avant d’ajouter :

« (…) ce n’était pas l’État qui était à la tête d’Alstom (…) c’était le choix d’une entreprise privée (…) C’était ça ou l’arrêt. J’ai défendu que c’était mieux que la suppression complète des activités ou le choix de désinvestir. C’est la vie industrielle (…) Cette aventure n’aurait pas été possible s’il n’y avait pas eu à ce moment-là ce qui était quasiment un sauvetage »

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