Actualités

La fuite d’un SMS d’Emmanuel Macron provoque la colère de l’Elysée


Deux jours avant l’annonce officielle de la rupture du contrat concernant les sous-marins français, Emmanuel Macron avait envoyé un SMS au Premier ministre australien. Un message privé qui a récemment fuité dans les médias locaux. Visiblement agacés, les proches du président de la République ont dénoncé les « méthodes très inélégantes » du côté de Canberra.

On parle de :

C’est indéniablement un nouveau rebondissement qui risque d’envenimer la relation diplomatique déjà tendue entre la France et l’Australie. Pour rappel, l’Élysée avait assisté impuissant à l’accord conclu en secret entre Canberra et ses alliés, les États-Unis et la Grande-Bretagne.

En septembre 2021, l’Australie avait en effet annulé le fameux contrat de 40 milliards de dollars, conclu en 2016 et passé avec Naval Group pour acquérir 12 sous-marins nucléaires français. Ce, avant d’organiser une conférence de presse, trois heures plus tard afin d’annoncer le pacte dit « AUKUS » avec les Américains et les Britanniques.

Deux jours avant la dénonciation officielle de l’accord sur les sous-marins, Emmanuel Macron avait envoyé un SMS à Scott Morrison, Premier ministre australien. Contre toute attente, The Daily Telegraph a révélé dans ses colonnes ce message privé. Voilà une décision qui n’a pas manqué de déclencher la colère de l’Élysée.

À lire aussi : Emmanuel Macron: Le texto rendu public qui met l’Élysée dans l’embarras…

Un message privé qui sème la zizanie

En marge du sommet du G20 à Rome, le 31 octobre 2021, Emmanuel Macron a révélé qu’il est « certain » que Scott Morrison lui avait menti dans la dénonciation de l’accord. Voilà des propos auxquels le principal incriminé avait répondu dans la foulée. Au Premier ministre australien de déclarer : « J’ai les épaules larges, je peux gérer ça », rapporte Le Parisien.

Tout laisse à penser que cette petite sortie de l’actuel locataire de l’Élysée n’était pas du goût de Scott Morrison. Rien n’est sûr, mais en tout cas, le SMS du président de la République française a fuité dans les médias australiens. 

« Should I expect good or bad news for our joint submarines ambitions? » (« Dois-je m’attendre à de bonnes ou de mauvaises nouvelles pour nos ambitions communes en matière de sous-marins? »)

L’actuel chef de l’Etat avait envoyé ce message deux jours avant la rupture du contrat. Selon les médias australiens, le mari de Brigitte Macron avait déjà quelques doutes sur la réalisation de cet accord. De son côté, Scott Morrison n’a ni démenti ni confirmé l’authenticité de ce SMS, préférant « ne pas se laisser aller » dans ce débat.  

L’Élysée monte au créneau

Suite à la fuite de ce message privé de Macron au Premier ministre australien, l’entourage de l’actuel chef de l’Etat cité par l’AFP a dénoncé des « méthodes très inélégantes ». Selon les informations relayées par Le Parisien, les proches d’Emmanuel Macron avaient déclaré :

« Divulguer le SMS d’un échange entre chefs d’État ou de gouvernement, c’est une méthode assez particulière (…) Jamais le président de la République ne s’aviserait à divulguer ce genre de communication. Et cela n’est pas de nature à améliorer les relations entre la France et l’Australie »

L’Élysée n’a également pas manqué de répondre à la presse australienne concernant la révélation fracassante de Macron au sujet de Scott Morrison. Selon son entourage, le président français « ne savait pas où en étaient les discussions ». Autrement dit, il ne se doutait pas que l’Hexagone était tout proche d’une rupture de contrat.  

De quelle manière l’Australie a-t-elle rompu l’accord ?

Avant l’annonce du pacte « AUKUS », les autorités australiennes avaient tenté de prévenir l’Élysée sur leur changement de stratégie en faveur de sous-marins à propulsion nucléaire. Seulement voilà, le président de la République est resté injoignable.

La raison ? Le chef de l’Etat était en plein Conseil des ministres. D’ailleurs, il n’y avait eu qu’un seul coup de fil, assure l’entourage du président français. Ce, avant de pointer du doigt une nouvelle fois l’étonnante méthode du côté de Canberra.

« On a laissé aucune chance à la France de faire une contre-proposition alors que nous avions les moyens d’en faire. Une fois de plus, ce n’est pas le choix que nous dénonçons, il est souverain. Mais c’est la méthode »

Pleinement conscient du climat tendu, Joe Biden a parlé de « maladresse » en faisant son mea culpa à l’Hexagone lors du G20 à Rome. En revanche, Scott Morrison n’a pas jugé nécessaire d’apaiser les tensions. Comme quoi la crise diplomatique ne risque pas de s’arranger de sitôt.

Pour ne rien manquer de nos actualités, abonnez-vous à notre newsletter !

Signaler une erreur