Police et Justice

Bretagne : des cambrioleurs font condamner un septuagénaire qui avait piégé sa maison avec des explosifs


Ironie du sort : le septuagénaire a été, lui aussi condamné après avoir piégé des voleurs avec des explosifs. Ces derniers ont en effet alerté la gendarmerie !

Les faits remontent à septembre 2018. Dans les Côtes-d’Armor, trois jeunes malfrats pénètrent par effraction dans une maison située à Yvignac-la-tour.

Profitant de l’absence du propriétaire, un militaire retraité, ils cassent la vitre d’une fenêtre pour entrer. C’est alors qu’ils découvrent que la maison est en fait truffée de pièges… des explosifs étaient installés un peu partout !

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Méthode de dissuasion inhabituelle

 « J’avais mis ces pièges dans l’idée qu’ils fassent peur. Je pensais que ça ferait du bruit pour prévenir les voisins »

, a expliqué l’homme âgé de 76 ans devant la cour le 9 juillet dernier.

Malheureusement pour le septuagénaire, les dispositifs n’ont pas seulement fait fuir les malfrats. Car à la surprise générale, ces derniers ont décidé d’alerter la gendarmerie. Une fois à l’intérieur, les forces ont découvert, stupéfaits, une quantité d’explosifs non négligeable et habilement disposée.

Aux portes et fenêtres se cachaient grenades lacrymogènes, canons avertisseurs et autres explosifs artisanaux. De plus, ils se reliaient entre eux via de fines ficelles ! Les professionnels affirment que certains explosifs auraient pu tuer tout individu ayant tenté d’entrer par effraction. Il fallait donc l’intervention de démineurs professionnels pour désamorcer l’installation.

Situation troublante

Ce fait divers est d’autant plus étonnant que selon les informations recueillies par France Bleu, tout le voisinage connaissait l’existence de ces pièges. Les trois jeunes voyous, inclus. Ce qui laisse supposer qu’ils aient pénétré dans la demeure par pur défi !

Simple provocation, manœuvre dilatoire ou tentative de cambriolage infructueuse ? Peut-être bien les trois, car les cambrioleurs auraient récidivé peu de temps après. Et cette fois-ci, ils sont repartis avec de l’argent, des montres ainsi qu’un révolver.

Dans tous les cas, le procureur de la République de Saint-Brieuc a pris la décision que l’ancien militaire soit poursuivit en justice. Il l’accuse notamment de « mise en danger de la vie d’autrui » et de « détention d’un dépôt d’armes et de munitions ».

Amende de 2000 euros avec sursis pour le propriétaire

Ainsi, le septuagénaire et deux des trois voleurs ont comparu devant le tribunal correctionnel de Saint-Malo le jeudi 9 juillet 2020. Durant l’audience, le retraité s’est défendu en expliquant qu’il n’a jamais envisagé d’éliminer qui que ce soit.

« J’ai un trop grand sens de la vie pour tuer des gens. J’ai hérité cette maison de mon père qui était un grand collectionneur, mais je n’y suis jamais. Je m’en sers pour stocker ses objets. Il n’y a ni l’eau ni l’électricité, je ne peux pas mettre d’alarme, mais j’ai été négligent, je le reconnais »

, a-t-il déclaré.

Inflexible, le tribunal a finalement condamné le vieil homme à payer une amende de 2000 euros avec sursis, doublée d’une interdiction de détention d’armes pendant trois ans. Quant aux deux cambrioleurs, ils ont écopé de deux et trois mois de prison avec sursis.

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