Police et Justice

Clip d’Eric Zemmour : les menaces judiciaires se multiplient, l’amende risque d’être salée


C’est fait, Eric Zemmour est officiellement candidat à la présidentielle 2022. Le polémiste de l’extrême droite a annoncé la nouvelle dans un clip diffusé sur sa chaîne YouTube. Seulement, il y a un grand bémol. En effet, la vidéo est truffée d’images n’ayant pas obtenu des autorisations. En ce sens, il risque des poursuites judiciaires.

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Il fallait s’y attendre depuis son éviction de CNews. Suite à cette affaire avec le CSA qui avait fait grand bruit, Eric Zemmour a enchaîné les interviews et les meetings. Bon nombre de médias et de ses concitoyens étaient persuadés qu’il allait se lancer à la course à l’Elysée. C’est désormais chose faite. Ce, après la fuite d’un document confidentiel de son équipe de campagne.

Le 30 novembre 2021, l’ancien journaliste politique a en effet officialisé sa candidature à la présidentielle 2022. Dans ce clip diffusé sur sa chaîne YouTube, le sexagénaire se décrit comme le « sauveur de la France ». Son équipe de campagne a ainsi montré de nombreux extraits d’archives et d’actualité.

Des films aux reportages en passant par les émissions télé, ses acolytes n’ont épargné aucun détail pour le présenter en tant que sauveur de l’Hexagone. Sauf que l’entourage d’Eric Zemmour a utilisé de nombreuses images sans l’aval de leurs propriétaires.

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Les médias et les personnalités fustigent le clip de campagne

Dès la diffusion de cette vidéo, le réalisateur Luc Besson était l’un des premiers à monter au créneau. Il a en effet réagi à l’image « volée » extraite de son film Jeanne d’Arc. Ainsi, il a fait appel à son avocat pour engager des « poursuites nécessaires ». Le cinéaste a également tenu à préciser qu’« il ne partage en rien les idées » du candidat, rapportent nos confrères de La Voix du Nord.  

Même son de cloche du côté du groupe Gaumont qui s’agace de voir dans cette séquence des images des films Un Singe en hiver et Jeanne d’Arc dont la société détient les droits. Ainsi, le distributeur de cinéma envisage toutes les possibilités qui s’offrent à eux. Il en est de même pour Studiocanal qui a affirmé comme les autres ne pas avoir reçu de demande d’autorisation.

De son côté, le neveu de Barbara, Bernard Serf a dénoncé le fait que l’image de la chanteuse soit associée à la candidature d’Eric Zemmour. Au micro de Télérama, il a notamment déclaré :

« Est-il besoin de préciser que cette appropriation aussi révoltante que scandaleuse, quand on connaît l’œuvre et les engagements humanistes de l’artiste, s’est faite sans l’accord de la famille de l’intéressée ? »

Quant aux médias français, les avis sont partagés. Bien que BFMTV n’ait reçu aucune demande d’autorisation, il ne va pas engager de poursuites. De son côté, France 24, la chaîne exige tout simplement que leurs images et leur logos soient retirés de cette vidéo de campagne. Par contre, Huffington Post et le Quotidien ont porté l’affaire devant la justice.

Que risque Eric Zemmour avec cette vidéo ?

Interrogé par la radio publique Franceinfo, Etienne Bucher, avocat spécialisé en droit de la propriété intellectuelle a affirmé que l’équipe du candidat à la présidentielle n’a engagé aucune procédure auprès des propriétaires pour obtenir l’autorisation d’exploiter ces images.

De ce fait, ils ont enfreint des droits de propriété intellectuelle. Selon le spécialiste, Eric Zemmour aurait dû « conclure un contrat de cession de droits pour une utilisation encadrée ».

De son côté, le quotidien estime que le montant de la réparation du préjudice s’élève à plus de 100 000 euros. Seulement, l’équipe de campagne n’a pas demandé leur accord pour l’utilisation de ces archives dans le clip. Yann Barthès n’a d’ailleurs pas manqué de tacler le polémiste de l’extrême droite.

A ce propos, Etienne Bucher a expliqué que « les dommages et intérêts sont difficiles à chiffrer puisqu’ils dépendent du préjudice subi par le titulaire des droits ». Quant à une éventuelle infraction au droit à l’image, le spécialiste a déclaré : « S’il y a des personnes reconnaissables et identifiables, elles ont la possibilité de s’opposer à la reproduction de leur image ».

Dans le cas où il s’agit de contrefaçon du droit d’auteur, Eric Zemmour risque d’écoper d’une amende pouvant atteindre 300 000 euros. Une peine d’emprisonnement allant jusqu’à 3 ans est aussi envisageable, d’après la Chaîne Info LCI.  

Des querelles de juristes ?

De son côté, Olivier Ubéda, porte-parole du candidat a déclaré dans Le Monde : « Tout a été réglé ou est en cours de règlement pour les images ajoutées récemment. On fait les choses comme il faut. C’est un non-sujet ». Quant à Eric Zemmour, le mentor de Sarah Knafo a confié au cours d’un entretien avec TF1 qu’il ne s’occupait pas des querelles de juristes.

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