Logement

Il squatte une maison depuis 20 ans sans être expulsé

La maison de La maison du 2468 Kenmore St. à Long Island.
La maison du 2468 Kenmore St. à Long Island, dans laquelle loge M. Hanspal. Crédits : Brigitte Stelzer / Nypost

À Long Island, aux États-Unis, Guramrit Hanspal vit dans une maison qui ne lui appartient pas depuis 23 ans. L'homme a à nouveau évité l'expulsion en plaidant sa cause auprès d'un tribunal. Le propriétaire actuel de la maison n'a donc pas pu la récupérer. Explications.

C’est sûrement le squatteur le plus déterminé de tous les temps. À 52 ans, Guramrit Hanspal réside depuis deux décennies dans un logement de Long Island dont il n’est pas le propriétaire. Comment parvient-il à éviter les expulsions ?

Pour éviter l’expulsion, il utilise le système judiciaire

En effet, durant près de 20 ans, trois propriétaires différents ont tenté de chasser Guramrit Hanspal de son logement, en vain. Pour comprendre comment cet homme fait pour demeurer dans les lieux, penchons-nous sur son historique. En 1998, M. Hanspal achète la maison du 2468 Kenmore St. pour 290 000 dollars.

Il ne va alors s’acquitter que d’une seule mensualité de remboursement s’élevant à 1 602,37 $, puis, cesser de payer toute hypothèque. En 2000, l’établissement financier Washington Mutual saisit le logement, mais Guramrit Hanspal ne se laisse pas faire. En janvier 2021, il dépose une première demande de mise en faillite auprès du tribunal. Une action qu’il renouvelle en 2001, 2002 et 2003. Il va ainsi plaider sa cause de nombreuses fois devant la justice et obtient toujours gain de cause, rapporte le New York Post.

la maison de Hanspal à Long Island
La maison du 2468 Kenmore St. à Long Island. Crédits : Twitter @nypmetro.

Deux banques et une société immobilière ont ainsi été successivement propriétaires, mais toutes ne sont pas parvenues à récupérer la maison. Car Guramrit Hanspal a profité du « sursis automatique » du Code des faillites des États-Unis, lequel accorde un délai supplémentaire aux débiteurs avant une saisie.

Pour obtenir de nouveaux sursis « automatiques » et éviter l’expulsion, M. Hanspal a transféré successivement l’acte de propriété de la maison à trois personnes. Parmi ces trois individus, l’un de ses amis, Rajender Pal. Ces transferts illégaux ont permis à chaque fois à M. Hanspal de gagner du temps sur les procédures d’expulsion.

En 2004, relate le New York Post, Guramrit Hanspal a ainsi transféré l’acte de propriété à M. Pal, lequel a déposé en 2005 un dossier de faillite auprès du tribunal fédéral de Brooklyn. Si cette demande a été rejetée, son dépôt a d’autant plus repoussé le traitement de l’affaire.

La maison occupée par Guramrit Hanspal. Crédits : Google Street View.

Guramrit Hanspal aurait ainsi pu économiser 440 000 $

Pour Jordan Katz, avocat de Diamond Ridge Partners, société actuellement propriétaire de la maison, M. Hanspal et ses acolytes profitent du système judiciaire. « Il s’agit d’un groupe de personnes qui sont plus que désireuses d’utiliser et d’abuser des tribunaux, dans la mesure où ils ont besoin de prolonger leur occupation illégale », a-t-il commenté. La pandémie qui engorge actuellement les tribunaux du logement de New York empêche le propriétaire actuel de poursuivre l’expulsion.

D’après les calculs effectués par le New York Post, Guramrit Hanspal pourrait même avoir fait une très bonne affaire en ne payant pas son prêt. L’homme aurait ainsi pu économiser 440 000 $ en 23 ans. Comme le précise le journal, lors de l’achat de la maison, le taux d’intérêt initial était de 7 375 $ sur un prêt hypothécaire de 232 000 $…

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