Société

Un milliardaire chinois fait congeler sa femme… puis refait sa vie avec une autre


En Chine, un milliardaire fait polémique après avoir fait cryogéniser son épouse décédée… avant d’annoncer qu’il a retrouvé l’amour. Entre promesse brisée, deuil impossible et débat moral, cette histoire réelle dérange autant qu’elle fascine.

L’histoire a tout d’un scénario de film, sauf qu’elle est bien réelle. En 2017, le milliardaire chinois Gui Junmin prend une décision radicale après la mort de son épouse, Zhan Wenlian, emportée par un cancer du poumon à l’âge de 48 ans. Refusant l’idée d’un adieu définitif, il choisit la cryogénisation, une technique expérimentale qui consiste à conserver un corps à très basse température, dans l’espoir qu’un jour la science permette de le ramener à la vie.

À l’époque, Gui Junmin affirme vouloir attendre. Il promet de rester célibataire jusqu’à ce qu’un éventuel traitement contre le cancer rende possible le retour de celle qu’il aimait. Une déclaration qui touche l’opinion publique et nourrit l’image d’un amour éternel, défiant la mort elle-même.

La cryogénisation, entre science et espoir

La cryogénisation humaine, aussi appelée cryonie, repose sur un principe simple mais controversé : préserver les cellules d’un corps dans de l’azote liquide à –196 °C afin d’éviter leur dégradation. Pour ses défenseurs, il s’agit d’un pari sur l’avenir. Pour ses détracteurs, d’une illusion scientifique coûteuse, sans garantie de succès.

Dans le cas de Zhan Wenlian, la procédure symbolise autant l’espoir que le refus du deuil. Son corps repose désormais dans une installation spécialisée, figé dans le temps, tandis que le monde continue de tourner autour d’elle.

Une nouvelle relation qui fait tout basculer

Mais huit ans plus tard, le récit romantique se fissure. Dans une interview accordée au journal chinois Southern Weekly, publiée en novembre 2025, Gui Junmin annonce avoir retrouvé l’amour. Depuis 2020, il partage sa vie avec Wang Chunxia, une employée dans le secteur des assurances rencontrée par l’intermédiaire d’un ami commun.

Pour justifier ce choix, l’homme évoque ses propres problèmes de santé et la peur de mourir seul. « Si quelque chose m’arrive alors que je suis seul, personne ne le saura », confie-t-il. Des mots qui tranchent avec la promesse faite autrefois à son épouse défunte.

Une polémique nationale et un malaise profond

L’annonce provoque un tollé sur les réseaux sociaux chinois. Beaucoup dénoncent une situation jugée malsaine, voire choquante : vivre avec une femme tout en attendant le retour hypothétique d’une autre. Certains internautes parlent de « polygamie émotionnelle », soulignant l’ambiguïté morale d’un homme partagé entre le passé et le présent.

Face aux critiques, Gui Junmin se défend. Il assure que sa nouvelle compagne « ne remplacera jamais » sa femme cryogénisée et qu’il se sent avant tout responsable envers elle. « Je ne peux pas oublier le passé, mais je dois continuer à vivre », explique-t-il. Une déclaration qui, loin d’apaiser la controverse, accentue le malaise.

Amour, deuil et limites humaines

Cette histoire soulève des questions universelles. Jusqu’où peut-on aller par amour ? Peut-on réellement mettre sa vie sentimentale entre parenthèses pendant des décennies au nom d’un espoir scientifique incertain ? Et surtout, où se situe la frontière entre fidélité, culpabilité et besoin humain de compagnie ?

Entre fascination technologique et drame intime, le cas de Gui Junmin révèle une réalité brutale : même face à la mort et aux promesses éternelles, les émotions humaines restent profondément complexes, imparfaites et parfois contradictoires.

Sources

BBC
Southern Weekly, interview publiée le 15 novembre 2025