Santé

Si vous avez ces 6 traits de caractère… les médecins disent que cela pourrait annoncer une démence


Perte de confiance, nervosité soudaine ou difficulté à se concentrer… et si ces changements de personnalité n’étaient pas anodins ? Des chercheurs expliquent que certains comportements peuvent apparaître des années avant les premiers symptômes de la démence. Voici les signes auxquels les spécialistes demandent de prêter attention.

La démence est souvent associée à la perte de mémoire ou aux troubles de l’orientation. Pourtant, selon plusieurs experts, les premiers signaux peuvent être bien plus discrets et apparaître longtemps avant les symptômes classiques.

Aux États-Unis, plus de 7 millions de personnes âgées de 65 ans et plus vivent avec la maladie d’Alzheimer, la forme la plus fréquente de démence. Mais ce que beaucoup ignorent, c’est que la maladie peut commencer à évoluer dans le cerveau bien avant le diagnostic.

La professeure Gill Livingston, psychiatre à l’University College London, explique que certains changements de personnalité observés à la quarantaine ou à la cinquantaine pourraient être liés à des transformations progressives du cerveau.

« Des décennies avant qu’un diagnostic soit posé, certaines régions du cerveau commencent déjà à changer », explique-t-elle.

Ces transformations peuvent modifier la manière dont une personne réagit au stress, aux relations ou aux situations du quotidien.

Une perte de confiance qui intrigue les chercheurs

L’un des signes qui a le plus interpellé les chercheurs est la perte soudaine de confiance en soi. Des études ont montré que les personnes concernées pouvaient avoir un risque de démence plus élevé que celles qui ne présentent pas ce trait.

Selon certains spécialistes, ce phénomène pourrait également être lié à l’isolement social. Le professeur Geir Selbaek, chercheur au Centre national norvégien pour le vieillissement et la santé, explique que le manque de confiance peut parfois conduire à la solitude.

Or, plusieurs recherches suggèrent que la solitude persistante pourrait augmenter le risque de troubles cognitifs.

Quand les petites difficultés deviennent écrasantes

Un autre signal possible concerne la difficulté à gérer des situations quotidiennes qui semblaient auparavant simples.

Des personnes autrefois capables de faire face au stress ou aux imprévus peuvent soudain se sentir dépassées. Selon Gill Livingston, cela pourrait être lié à une réduction progressive du volume cérébral, un phénomène observé chez certains patients atteints de démence.

Elle compare cette réaction à celle des jeunes enfants face au stress, expliquant que les capacités du cerveau à réguler les émotions peuvent évoluer avec ces changements neurologiques.

Des relations qui deviennent plus froides

Certains chercheurs ont aussi observé que la perte de chaleur émotionnelle envers les autres pouvait apparaître avant les symptômes cognitifs.

Des personnes interrogées dans des études ont déclaré ressentir moins d’empathie ou d’affection pour leur entourage. Les scientifiques ont constaté que ces individus pouvaient présenter un risque plus élevé de développer une démence plus tard.

Ce changement peut être subtil, mais il peut surprendre les proches lorsque quelqu’un qui était habituellement chaleureux devient soudain plus distant.

Des comportements impulsifs inattendus

Les spécialistes évoquent également l’apparition soudaine d’un comportement impulsif chez des personnes habituellement prudentes.

La professeure Livingston raconte le cas d’une patiente qui avait toujours été très conventionnelle. Du jour au lendemain, elle a commencé à vouloir sortir davantage et à modifier radicalement ses habitudes.

Selon les experts, ce phénomène pourrait être lié à des modifications dans le lobe frontal du cerveau, une région impliquée dans le contrôle des impulsions et la prise de décision.

Stress, nervosité et concentration fragile

D’autres changements de personnalité sont aussi étudiés par les chercheurs. Une nervosité persistante pourrait être liée au stress chronique, qui favorise l’inflammation dans l’organisme. Or, plusieurs travaux scientifiques montrent que l’inflammation peut affecter la santé du cerveau.

Le perfectionnisme inhabituel ou le sentiment que les tâches ne sont jamais correctement réalisées peut également apparaître. Dans certains cas, ce comportement pourrait être lié à une difficulté à accomplir les activités avec la même efficacité qu’auparavant.

Enfin, les spécialistes mentionnent aussi les problèmes de concentration, souvent considérés comme un indicateur précoce de changements cognitifs.

Pourquoi ces signaux doivent être pris au sérieux

Les experts insistent sur un point important : ces changements ne signifient pas automatiquement qu’une personne développera une démence.

Cependant, lorsqu’ils apparaissent de manière inhabituelle ou progressive, ils peuvent constituer un signal à surveiller. Les spécialistes recommandent alors de consulter un professionnel de santé afin d’évaluer la situation.

Un diagnostic précoce peut permettre d’identifier les causes possibles et d’accompagner la personne concernée plus efficacement.

Comme le rappellent les chercheurs, comprendre les premiers signes de la maladie reste l’un des enjeux majeurs pour mieux prévenir et ralentir l’évolution des troubles cognitifs.

Sources

Alzheimer’s Association
Mayo Clinic
University College London (UCL)
The Telegraph
Norwegian National Centre for Ageing and Health