À 31 ans, Lauren Schulz n’a rien d’une adepte compulsive de la chirurgie esthétique. Photographe installée à Melbourne, elle explique avoir pris “beaucoup de temps” avant d’envisager une intervention. Son complexe ? Des poches sous les yeux qu’elle décrit comme “une énorme insécurité”.
“Je paraissais constamment fatiguée”, confie-t-elle dans un entretien accordé au média américain People. Au point d’éditer ses propres photos pour effacer ces marques jugées trop visibles.
Après avoir envisagé des injections, notamment le Rejuran — un traitement populaire en Corée du Sud — elle apprend que sa morphologie ne s’y prête pas vraiment. La solution la plus durable reste alors la blépharoplastie inférieure, une opération chirurgicale qui consiste à retirer ou repositionner la graisse sous les yeux. Coût de l’intervention : environ 6 000 dollars australiens.
Le choc du miroir
Le 12 décembre 2025, elle passe au bloc opératoire. L’intervention se déroule sans complication grave. Pourtant, les jours qui suivent sont difficiles.
Ecchymoses marquées, gonflements impressionnants, fils apparents maintenant la peau en place… Le reflet dans le miroir agit comme un électrochoc. “J’ai eu un vrai choc en me voyant”, raconte-t-elle. Elle évoque même un “jump scare”, cette sensation de sursaut que l’on ressent face à quelque chose d’inattendu.
Du sang qui coule légèrement des yeux, des sutures visibles, un visage méconnaissable. “C’est ce qui arrive quand on vous ouvre les paupières”, dit-elle avec lucidité. Elle sait que ces effets sont normaux, temporaires. Elle tente de “faire confiance au processus”.
Quand TikTok devient un tribunal
Habituée à partager son travail de photographe sur TikTok, Lauren décide de documenter sa convalescence en toute transparence. Elle publie des images sans filtre, montrant les gonflements, les cicatrices, la réalité d’un post-opératoire.
Très vite, les commentaires affluent. Certains internautes la qualifient de “botched”, un terme utilisé pour décrire une chirurgie esthétique ratée. D’autres vont plus loin, insinuant qu’elle aurait “abîmé” son visage.
“Les gens prennent une certaine assurance derrière un compte privé pour harceler”, déplore-t-elle. Le plus difficile, explique-t-elle, n’est pas la douleur physique, mais cette vague de jugements en pleine période de vulnérabilité. “Ça rend vraiment compliqué le fait de faire confiance au processus.”
Même certains professionnels de santé se seraient permis des commentaires publics sur son apparence.
Le retournement de situation
Six jours après l’opération, elle publie une nouvelle vidéo. Les fils ont été retirés. Les gonflements ont nettement diminué. Les cicatrices commencent déjà à s’estomper.
Le contraste est frappant. Le ton des commentaires change presque instantanément. Ceux qui parlaient de “désastre” se font plus discrets. “C’est fou comme les gens ont mangé leurs mots”, confie-t-elle.
Elle souligne un point essentiel : le public est habitué aux photos “avant / après”, mais rarement à l’entre-deux. “On ne voit jamais vraiment le milieu”, dit-elle. Ce moment ingrat où le corps cicatrise, où l’apparence est transitoire.
Dès le quatrième jour, elle commence à se reconnaître. Le cinquième, elle dit déjà percevoir “la vision”. Aujourd’hui, elle affirme se sentir plus confiante, plus éveillée. “J’ai l’impression d’avoir l’air plus reposée, ça illumine mon visage.”
Une confiance retrouvée… et assumée
Lauren se dit “très heureuse” du résultat final. Elle ne prévoit pas d’autres changements majeurs dans l’immédiat, même si elle admet regarder “beaucoup de vidéos de lifting”… peut-être dans dix ans.
Son témoignage soulève une question plus large sur la pression des réseaux sociaux. Entre idéal de perfection instantanée et manque de patience face aux réalités médicales, l’histoire de cette Australienne rappelle que derrière chaque transformation se cache un temps de guérison souvent ignoré.
Et parfois, le vrai scandale ne se trouve pas dans la chirurgie… mais dans le regard des autres.
Sources :
People Magazine, article publié le 13 janvier 2026
Témoignages de Lauren Schulz sur TikTok


