Tranche de vie

Florence, 26 ans, profite de son chômage pour prendre du bon temps: « Je suis une chômeuse heureuse »

Une jeune chômeuse
Florence est ravit d'être sans emploi. Image d'illustration.

La jeune femme profite de ses périodes de chômage pour voyager et prendre du bon temps. Elle ne culpabilise pas du tout de ne pas avoir de travail, bien au contraire.

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Nous sommes en 2013 et Florence, Parisienne de 26 ans, se confie à France 24. La jeune femme explique avoir sciemment choisi d’alterner les périodes de travail avec un chômage qu’elle estime mérité.

La chômeuse profite de ses indemnités pour voyager dans le monde

Lorsque les journalistes l’interrogent, Florence revient d’un séjour de quatre semaines dans le sud de la France. La jeune chômeuse en a profité pour faire la fête à Barcelone, en Espagne, avant de flâner du côté de Montpellier. Tout ça en étant inscrite à Pôle Emploi.

Titulaire d’un baccalauréat, la Parisienne ne culpabilise pas d’être au chômage. Au contraire, chaque période d’inactivité lui permet de découvrir un nouvel endroit sur la planète. L’année dernière, Florence est partie en Inde avec une amie. Un séjour de deux mois qui ne l’a pas empêché de percevoir ses allocations chômage.

« J’ai retrouvé une amie sur place, je me suis baladée dans le pays, j’ai rencontré plein de gens, j’ai parlé anglais. C’était génial ! »,

confie-t-elle avec exaltation.

Florence reconnaît « profiter du système »

Florence ne semble donc pas se soucier du nombre croissant de chômeurs dans le pays. En 2013, époque de son interview, la France compte 3,279 millions de demandeurs d’emploi. Des chiffres qui ne ternissent pas la joie de la jeune femme, qui se dit « heureuse » d’être au chômage.

Comment fait-elle pour percevoir ses indemnités tout en voyageant ? Il lui suffit d’actualiser sa situation sur le site de Pôle Emploi, chaque fin de mois. Florence doit donc simplement trouver une connexion Internet à l’étranger et le tour est joué. Pour partir en Inde, la jeune femme dit avoir posé les 5 semaines de congés réglementaires auxquels chaque chômeur a le droit.

Le site de Pôle emploi
Capture d’écran du site Internet de Pôle Emploi

Florence reconnaît « profiter du système ». Un comportement qui a ses limites. La jeune femme a fait le choix d’alterner les missions en intérim plutôt que de « s’enfermer dans un CDI ». Lorsqu’elle est au chômage, elle perçoit en moyenne 1 000 euros d’indemnités mensuelles. Une fois le loyer de sa colocation payé, il lui reste environ 600 euros pour vivre. Florence avoue « galérer pour finir le mois ». En Inde, elle se sentait « comme une reine » avec la même somme.

Pôle Emploi durcit le ton avec les demandeurs d’emploi cumulant les CDD

Du côté de Pôle Emploi, on assure que ce profil de chômeurs se fait rare. Il s’agirait de personnes n’ayant « aucun souci à trouver un travail », tels que les vendeurs ou les saisonniers. Alors qu’avec la crise sanitaire actuelle, le nombre d’inscrits à Pôle Emploi bat des records, la réforme de l’assurance chômage est reportée. En 2020, le gouvernement a néanmoins durci les conditions pour percevoir les allocations chômage.

Avant le 1er novembre 2019, la durée minimale d’activité pour ouvrir des droits à l’assurance chômage était de 150 heures ou un mois. Elle est désormais de 6 mois de travail, soit de 130 jours ou 910 heures.

En avril 2021, un autre volet de la réforme devrait entrer en vigueur : le mode de calcul des indemnités. Un système qui devrait pénaliser les allocataires cumulant les contrats à durée déterminée ou missions courtes. En clair, les jours d’inactivité pèseront comme autant de diviseurs dans le montant du salaire journalier de base accordé par Pôle Emploi.

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