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« J’ai vu tous ces noirs, et tous ces musulmans » : la phrase de Karine Le Marchand qui fait scandale


Une anecdote personnelle racontée en direct, quelques mots de trop et une tempête médiatique immédiate. Invitée sur CNews, Karine Le Marchand se retrouve au cœur d’une polémique nationale, au point de voir des députées saisir l’Arcom. Récit d’une séquence qui divise et choque.

Ce lundi matin, Karine Le Marchand prenait place sur le plateau de L’Heure des Pros, l’émission animée par Pascal Praud sur CNews. Officiellement, la présentatrice venait défendre un documentaire consacré à l’immigration, diffusé le soir même sur M6. Mais en fin de débat, l’échange bascule.

Alors que le thème du communautarisme revient avec insistance dans la discussion, Karine Le Marchand évoque son arrivée à Paris dans les années 1980. Elle décrit un sentiment de peur, né, selon ses propres mots, à la vue de personnes dont l’apparence lui était inhabituelle à l’époque. La phrase est lancée sans détour, presque comme une confidence. Sur le plateau, quelques rires gênés. Sur les réseaux sociaux, l’indignation est immédiate.

« J’ai vu le RER arriver, j’ai vu tous ces noirs, et tous ces musulmans, enfin ces Arabes, qui sortaient , enfin des gens qui avaient des têtes que je n’avais pas l’habitude de voir parce qu’à Nancy j’étais la seule de mon école à avoir cette tête-là. J’ai fait ’Ah’. Je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir un peu peur. Parce que Paris c’était particulier » a-t-elle dit, avant de préciser « Et après très vite j’ai pris l’habitude et je n’ai plus eu peur des gens qui avaient des têtes étrangères ».

Une anecdote personnelle devenue polémique nationale

Loin de passer inaperçue, la séquence est rapidement isolée, partagée et commentée. Certains y voient le récit brut d’une expérience intime, d’autres dénoncent des propos jugés racistes et stigmatisants. Le malaise est d’autant plus fort que l’animatrice précise ensuite avoir « pris l’habitude » et ne plus avoir ressenti cette peur par la suite. Une nuance qui ne suffit pas à calmer la tempête.

Sur X, la réaction politique ne se fait pas attendre. La députée Ersilia Soudais parle de propos racistes accueillis par des rires complices et annonce saisir l’Arcom. Dans la foulée, la députée écologiste Léa Balage El Mariky dénonce un discours qu’elle juge volontairement problématique, estimant que la présentatrice « sait très bien ce qu’elle fait » en tenant de tels propos sur cette chaîne.

Entre engagement affiché et contradictions assumées

La polémique surprend d’autant plus que Karine Le Marchand n’est pas restée silencieuse sur le plateau tout au long de l’émission. À plusieurs reprises, elle a rappelé que la France avait historiquement fait appel à l’immigration pour répondre à ses besoins économiques et que chaque vague migratoire avait suscité les mêmes peurs.

Elle refuse également de trancher sur les débats autour de l’assimilation, évoquant sa propre histoire familiale et sa double culture. « Ne me demandez pas de choisir », glisse-t-elle, revendiquant à la fois son attachement à la France et le refus de renier ses origines. Un discours nuancé, presque apaisant, qui contraste fortement avec l’anecdote ayant déclenché la controverse.

Une promo sous tension pour un documentaire très attendu

Cette séquence intervient dans un contexte délicat. Le documentaire que Karine Le Marchand promeut retrace un siècle d’immigration en France, mêlant grandes décisions politiques et récits humains. Un projet ambitieux, censé apporter de la nuance et de la profondeur à un débat souvent caricatural.

Mais cette sortie médiatique relance les critiques. Certains observateurs estiment que la promotion du film entretient des clichés, évoquant la figure du « bon immigré » et une vision normative de l’intégration. Une accusation lourde, qui vient fragiliser un projet pourtant présenté comme pédagogique et rassembleur.

CNews, encore au centre des critiques

Une fois de plus, la chaîne se retrouve au cœur d’une polémique liée aux propos tenus à l’antenne. La saisine de l’Arcom pourrait conduire à un examen attentif de la séquence et relancer le débat sur les limites du témoignage personnel en télévision, surtout lorsqu’il touche à des sujets aussi sensibles.

Reste une question brûlante, désormais au centre des discussions : s’agissait-il d’une maladresse sincère ou d’une parole révélatrice de tensions profondes ? Une chose est sûre, la phrase de Karine Le Marchand continue de faire réagir, bien au-delà du plateau de CNews.