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« Je suis abrosexuel », elle révèle son orientation méconnue et fait polémique


Elle a mis près de trente ans à comprendre ce qu’elle ressentait vraiment. En découvrant le mot abrosexuel, Emma a eu l’impression, pour la première fois, d’exister aux yeux du monde. Mais cette révélation intime n’a pas été accueillie avec bienveillance. Entre scepticisme, jugements et injonctions à “choisir un camp”, son témoignage met en lumière une identité encore largement incomprise.

À 32 ans, Emma Flint met enfin un mot sur ce qu’elle ressent depuis l’adolescence. Lorsqu’elle découvre le terme abrosexuel, elle parle d’un moment presque irréel. « Je me suis sentie vue pour la première fois », confie-t-elle. Pendant des années, sa sexualité lui a semblé insaisissable, comme un puzzle dont il manquerait toujours une pièce.

À une époque où les catégories semblaient figées, Emma a longtemps cru qu’elle devait se définir une bonne fois pour toutes. Les hésitations, les changements d’attirance, les phases contradictoires l’ont plongée dans le doute. Elle avait parfois l’impression de ne jamais être “cohérente”, ni aux yeux des autres, ni aux siens.

Abrosexualité : une orientation encore méconnue

L’abrosexualité décrit une orientation sexuelle fluide, marquée par des attirances qui peuvent évoluer avec le temps. Contrairement à ce que certains imaginent, il ne s’agit pas d’indécision ou de caprice. Pour les personnes concernées, cette variation fait partie intégrante de leur identité.

Si le terme circule davantage aujourd’hui, notamment sur les réseaux sociaux et auprès des plus jeunes générations, il reste largement incompris. Beaucoup continuent de le percevoir comme une invention récente ou une tendance passagère. Un jugement que subit Emma de plein fouet depuis qu’elle a décidé d’en parler ouvertement.

Un coming out accueilli par le doute et les critiques

Lorsqu’Emma annonce à ses proches qu’elle est abrosexuelle, elle espère compréhension et soutien. La réalité est tout autre. Elle se heurte à des remarques blessantes, à des sourires sceptiques, parfois même à des accusations à peine voilées. « On me demandait sans cesse de choisir, comme si mon existence mettait les autres mal à l’aise », raconte-t-elle.

Certains vont jusqu’à remettre en cause la sincérité de ses relations amoureuses, comme si aimer avec une orientation fluide était incompatible avec l’engagement. Pour Emma, ces réactions révèlent surtout une peur de ce qui échappe aux cases traditionnelles.

“On m’a dit que ça n’existait pas”

Ce rejet a laissé des traces. Pendant longtemps, Emma s’est sentie coupable de ne pas correspondre à une norme rassurante pour les autres. Elle se souvient de cette pression constante, de cette obligation tacite d’entrer dans une catégorie stable pour être acceptée. « Certaines personnes exigent que je choisisse pour ne pas être offensées par mon identité », explique-t-elle.

Pourtant, elle insiste sur un point essentiel : être abrosexuelle n’empêche pas d’aimer profondément. Ses sentiments sont réels, ses relations sincères. Ce qui change, ce n’est pas la capacité d’aimer, mais la manière dont l’attirance peut évoluer au fil du temps.

Se libérer du regard des autres

Aujourd’hui, Emma affirme être en paix. Après des années de doutes et de questionnements, elle refuse désormais de se justifier. Le mot abrosexuel lui a offert une clé, pas pour se cacher derrière une étiquette, mais pour se comprendre pleinement.

Son combat dépasse son histoire personnelle. Elle espère que cette orientation sera un jour reconnue comme légitime, sans être réduite à un effet de mode ou à une lubie née des réseaux sociaux. « Je ne dois rien à personne », affirme-t-elle. Une phrase simple, mais puissante, qui résume son parcours vers l’acceptation de soi.