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Faire l’amour ou scroller ? De plus en plus de couples ont choisi


t si le plus grand rival de la vie intime ne se trouvait pas dans le couple, mais dans la main ? Une récente étude révèle une baisse préoccupante de la sexualité, tandis qu’une habitude devenue banale s’invite sous les draps. Le constat dérange, interroge… et fait déjà polémique.

La scène est devenue presque ordinaire. Deux partenaires allongés côte à côte, chacun absorbé par l’écran de son téléphone. Pourtant, derrière cette image familière se cache une réalité bien plus inquiétante. Selon une étude récente menée par l’Université de Manchester, la fréquence des rapports sexuels est en net recul. Une tendance qui ne se limite pas à un pays, mais qui reflète un malaise plus large dans la vie intime des couples.

Les chercheurs pointent notamment une évolution profonde du rapport à la sexualité. Celle-ci est de plus en plus vécue comme une performance. L’orgasme, longtemps considéré comme l’objectif ultime, devient une source de stress pour de nombreux partenaires. Lorsque l’attente est trop forte, le plaisir laisse parfois place à la frustration, voire à l’évitement pur et simple des rapports sexuels.

« Il est normal que l’orgasme ne soit pas systématique »

À l’origine de l’étude, la chercheuse Alexandra Janssen rappelle un message que beaucoup semblent avoir oublié. Selon elle, la sexualité ne devrait pas être réduite à un résultat précis. Ne pas atteindre l’orgasme à chaque rapport n’a rien d’anormal et peut même contribuer à apaiser la relation au sexe.

Ce discours tranche avec l’imaginaire collectif actuel, nourri par les réseaux sociaux et certains contenus médiatiques. Résultat : pour une partie de la population, la sexualité devient une pression de plus dans un quotidien déjà chargé. Et face à cette pression, certains choisissent inconsciemment la solution la plus simple : éviter.

Le doomscrolling, nouveau réflexe sous la couette

C’est ici qu’entre en scène un phénomène bien connu, mais rarement associé à la vie sexuelle : le doomscrolling. Cette pratique consiste à faire défiler sans fin les contenus sur son téléphone, souvent tard le soir, juste avant de dormir. Actualités anxiogènes, vidéos, réseaux sociaux… tout y passe.

Une autre étude, menée cette fois par la marque OnePlus, révèle qu’au Royaume-Uni, une personne sur dix admet préférer scroller sur son téléphone plutôt que d’avoir des relations sexuelles. Une déclaration qui choque autant qu’elle interroge sur la place prise par les écrans dans l’intimité.

Le téléphone, ennemi silencieux du couple

Les conséquences ne se limitent pas à la sexualité. L’utilisation du téléphone avant le coucher augmenterait significativement les risques d’insomnie et perturberait le cycle du sommeil. Or, fatigue chronique et baisse de la libido vont souvent de pair. Le cercle devient alors difficile à briser.

À plus grande échelle, certains experts s’inquiètent également des effets indirects sur la natalité. Moins d’intimité, moins de relations sexuelles, moins de projets communs : le smartphone, omniprésent, pourrait bien redessiner en profondeur les dynamiques de couple.

Faut-il lâcher l’écran pour sauver l’intimité ?

La question reste ouverte. Si les écrans facilitent la communication et le divertissement, leur omniprésence semble aussi fragiliser des moments autrefois réservés à l’échange et au rapprochement. Le lit, symbole d’intimité, devient peu à peu un espace numérique comme un autre.

Face à ce constat, certains spécialistes appellent à une prise de conscience collective. Sans diaboliser la technologie, ils invitent à réapprendre à poser le téléphone, ne serait-ce que quelques instants. Parfois, il suffirait de lever les yeux de l’écran pour retrouver ce qui se trouve juste à côté.