Lifestyle

Elle montre sa moustache pour mettre en lumière les “imperfections” des femmes.


Une simple couche de mascara… et Internet s’enflamme. En assumant sa moustache au grand jour, l’influenceuse britannique Joanna Kenny relance un débat brûlant sur les normes de beauté féminine. Provocation calculée ou message libérateur ? Son initiative ne laisse personne indifférent.

Sur les réseaux sociaux, les images ont surpris. Face caméra, regard assuré, Joanna Kenny applique du mascara sur sa moustache. Un geste banal en apparence. Pourtant, il marque une rupture avec des années de complexes et de silence.

Esthéticienne de profession, la jeune Britannique connaît parfaitement les codes de l’industrie de la beauté. Épilation, soins, maquillage correcteur… elle a longtemps suivi ces rituels. Adolescente, l’apparition d’un duvet au-dessus de sa lèvre supérieure l’avait profondément marquée. “Je faisais tout pour le cacher”, confie-t-elle dans plusieurs publications. À force d’épilation, sa peau s’est fragilisée, l’acné s’est installée. Le cercle vicieux des “imperfections” venait de commencer.

Puis un jour, elle a décidé d’arrêter. Non pas par négligence, mais par conviction.

“Normaliser le fait d’être normale”

Dans ses posts, Joanna Kenny explique vouloir “normaliser le fait d’être normale”. Une phrase simple, presque évidente, qui cache une réalité plus complexe. Pour beaucoup de femmes, la pilosité reste un sujet tabou, souvent associé à un manque de féminité.

En accentuant volontairement sa moustache avec du mascara, l’influenceuse ne cherche pas à choquer gratuitement. Elle transforme ce qui était autrefois une source de gêne en symbole d’acceptation. Elle montre également ses vergetures, sa cellulite, ses boutons. Rien n’est retouché, rien n’est dissimulé.

“Choisir de ne pas m’épiler ne signifie pas que je critique celles qui le font”, précise-t-elle. “Chaque femme devrait pouvoir disposer de son corps sans craindre le jugement.”

Entre admiration et critiques

La réaction ne s’est pas fait attendre. Sur Instagram, les commentaires se multiplient. Certains saluent un acte courageux, parlant de libération et d’authenticité. D’autres dénoncent une démarche “provocatrice” ou accusent l’influenceuse de chercher le buzz.

Ce clivage illustre à quel point la pression esthétique reste ancrée. Malgré l’évolution des mentalités, les normes de beauté féminine demeurent strictes. La peau lisse, le corps sans poils, le teint parfait : ces images dominent encore la publicité et les réseaux sociaux.

En revendiquant sa pilosité faciale, Joanna Kenny met en lumière une contradiction. Pourquoi les poils seraient-ils naturels et acceptés chez les hommes, mais problématiques chez les femmes ?

Une remise en question des diktats

Au-delà de la polémique, son initiative s’inscrit dans un mouvement plus large de body positivity. Depuis plusieurs années, des créatrices de contenu défient les standards traditionnels. Elles prônent l’acceptation de soi, la diversité des corps, la fin des filtres trompeurs.

Le geste de Joanna n’est donc pas isolé. Mais il touche un point sensible. La moustache féminine reste l’un des symboles les plus stigmatisés. En la mettant en valeur plutôt qu’en la dissimulant, elle renverse le regard. Elle ne demande pas l’approbation. Elle réclame la liberté.

Une beauté redéfinie

Derrière le mascara, il y a un message plus profond. La beauté ne serait pas une absence d’imperfections, mais l’acceptation de celles-ci. La course à la perfection, explique-t-elle, est “fatigante, inutile et démoralisante”.

Son témoignage rappelle que les complexes naissent souvent du regard extérieur. En assumant publiquement ce qu’elle cachait autrefois, Joanna Kenny transforme sa vulnérabilité en force. Son histoire résonne chez de nombreuses femmes qui se reconnaissent dans ce combat silencieux.

Provocation ? Peut-être pour certains. Acte militant ? Sans doute pour d’autres. Une chose est sûre : en quelques coups de mascara, elle a réussi à relancer un débat que beaucoup préféraient éviter.

La question reste ouverte : sommes-nous prêts à accepter que la normalité n’ait pas besoin d’être corrigée ?

Sources :
Instagram officiel de Joanna Kenny
Interviews et déclarations publiques publiées sur ses réseaux sociaux