Le mot “sociopathe” circule partout sur les réseaux sociaux. Il intrigue, il effraie, il est parfois utilisé à tort. Mais derrière le fantasme et les clichés, il existe une réalité médicale bien précise : le trouble de la personnalité antisociale, appelé ASPD.
C’est ce diagnostic qu’a reçu Kanika Batra à l’âge de 21 ans. Depuis, elle choisit de parler ouvertement de son vécu. Dans une interview accordée à LADbible Stories, elle livre un témoignage cru, parfois troublant, qui ne laisse personne indifférent.
“La plupart d’entre vous ont une conscience. Pas nous.”
Dès les premières minutes de son entretien, le ton est donné. Kanika insiste sur une confusion fréquente : le terme “sociopathe” n’est pas médical. Le diagnostic reconnu est celui de trouble de la personnalité antisociale.
Elle décrit ce trouble comme une absence d’empathie, de culpabilité et de remords. “Beaucoup de gens pensent être sociopathes parce qu’ils ont fait de mauvaises choses”, explique-t-elle en substance. “Mais la majorité ressent encore de la culpabilité. Nous, non.”
Ses mots sont directs, presque froids. Et c’est précisément ce détachement qui frappe.
Le détail qui se verrait dans les yeux
Selon Kanika, il existe un signe physique subtil qui permettrait d’identifier une personne atteinte d’ASPD. Un détail qui ne saute pas immédiatement aux yeux… sauf pour ceux qui savent observer.
“Le regard peut devenir sans âme”, confie-t-elle. Elle explique que lorsqu’elle ressent de la colère, ses yeux changeraient d’expression, devenant fixes, presque vides. Elle admet même avoir dû apprendre à cligner davantage des yeux pour éviter de mettre les autres mal à l’aise.
Elle évoque aussi une capacité à soutenir le regard très longtemps, sans gêne ni stress. Là où beaucoup ressentent une pression sociale, elle affirme ne pas éprouver la même réaction physiologique.
Un calme déconcertant face au danger
Au-delà du regard, Kanika parle d’un autre trait marquant : un sang-froid extrême. Elle raconte avoir failli être percutée par une voiture sans ressentir d’accélération du rythme cardiaque.
“Quand quelqu’un est exceptionnellement calme dans des situations très stressantes, cela peut être un indice”, suggère-t-elle.
Ce type de déclaration suscite évidemment des réactions. Car dans l’imaginaire collectif, le sociopathe est violent, impulsif, instable. Kanika, elle, décrit presque l’inverse : une maîtrise froide, une absence de panique.
Relations, ennui et ruptures soudaines
Son témoignage devient plus personnel lorsqu’elle aborde ses relations. Elle reconnaît pouvoir disparaître de la vie des gens rapidement, sans ressentir de culpabilité particulière.
L’ennui, dit-elle, arrive vite. Et lorsqu’il s’installe, elle peut “couper” les liens sans hésitation. Elle évoque des émotions dominantes comme la colère, le dégoût ou le mépris, cette dernière étant selon elle particulièrement intense.
Des propos qui dérangent, mais qui éclairent aussi un trouble souvent caricaturé.
Un trouble plus fréquent chez les hommes ?
Kanika avance également que les hommes seraient plus souvent concernés par l’ASPD, notamment en raison de facteurs liés à l’agressivité et à la dominance physique.
Les données scientifiques semblent effectivement indiquer une prévalence plus élevée chez les hommes, avec un ratio estimé autour de trois hommes pour une femme.
Mais les spécialistes rappellent que le trouble de la personnalité antisociale est complexe. Il ne se résume pas à un regard fixe ou à un calme inhabituel. Il s’agit d’un diagnostic posé par des professionnels de santé, sur la base de critères cliniques précis.
Entre fascination et malaise
Le témoignage de Kanika divise. Certains saluent son honnêteté et sa volonté de briser les stéréotypes. D’autres s’inquiètent de la banalisation possible d’un trouble associé à des comportements à risque.
Ce qui est certain, c’est que son récit oblige à regarder au-delà des clichés. Le trouble de la personnalité antisociale n’est ni un simple trait de caractère, ni un label que l’on s’auto-attribue sur les réseaux sociaux.
Derrière le mot “sociopathe”, il y a une réalité clinique, complexe et encadrée par la psychiatrie. Et parfois, un regard que certains jugent… troublant.
Sources :
Interview de Kanika Batra sur LADbible Stories
American Psychiatric Association, Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM-5)
National Institute of Mental Health (NIMH)


