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« Ça sonnait bien » : elle choisit pour sa fille le nom d’une catastrophe mondiale… et déclenche un séisme en ligne


Un simple faire-part de baby shower, une photo postée sur Reddit, et le monde entier s’enflamme. Aux États-Unis, une future maman a révélé le prénom de sa petite fille. Un choix jugé “radioactif” par des milliers d’internautes. Entre originalité assumée et mémoire d’un drame historique, la polémique enfle.

Tout commence par une invitation à une baby shower, partagée sur le forum Reddit, dans le célèbre subreddit r/tragedeigh, dédié aux prénoms considérés comme malheureux ou extravagants. Une amie de la future maman y publie la carte reçue, visiblement stupéfaite.

Sur le faire-part, le prénom complet de la petite fille apparaît noir sur blanc : Chernobyl Hope.

« Eh bien… je viens d’être invitée à une baby shower », écrit-elle, perplexe. Selon son témoignage, cité par le média britannique UNILAD, les parents n’auraient pas réellement mesuré la portée historique du nom choisi. Interrogés sur l’origine de cette idée, ils auraient simplement répondu : « Ça sonnait bien. »

Dans la vie de tous les jours, le couple prévoirait d’appeler leur fille “Cherry”, un diminutif plus doux. Mais officiellement, à l’état civil américain, le prénom complet resterait inchangé.

Entre incrédulité et humour noir

Très vite, la publication devient virale. Certains internautes croient d’abord à un canular. « Il n’y a aucune chance que ce soit réel », commente l’un d’eux. D’autres préfèrent l’ironie grinçante. « Je suis sûr que tout le monde à la fête sera rayonnant », écrit un utilisateur, dans un jeu de mots sombre relayé par le New York Post.

Mais derrière les blagues, la colère monte. Beaucoup appellent l’amie à intervenir auprès des parents pour leur expliquer la gravité historique du mot “Tchernobyl”. Pour de nombreux internautes, il ne s’agit pas d’un simple son agréable, mais d’un symbole lourd de souffrances.

Tchernobyl, une tragédie encore vivante

Le 26 avril 1986, une explosion secoue la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine, alors membre de l’Union soviétique. L’accident est classé au niveau maximal de l’échelle internationale des événements nucléaires, un niveau atteint seulement deux fois dans l’histoire.

Selon l’Agence internationale de l’énergie atomique, 31 personnes meurent immédiatement après l’explosion. Mais les conséquences à long terme sont bien plus vastes. Près de 600 000 “liquidateurs” participent aux opérations de nettoyage, souvent exposés à de fortes doses de radiations. Des études estiment que des milliers, voire davantage, de décès pourraient être liés aux suites de la catastrophe à travers l’Europe.

Dans les commentaires, une internaute affirme être née malade après l’accident. Elle confie son incompréhension face à ce choix : donner à un enfant le nom d’un drame qui a provoqué cancers, opérations à répétition et vies brisées lui semble inconcevable. « Je suis consternée », écrit-elle, décrivant un héritage douloureux qui ne peut, selon elle, être réduit à une question d’esthétique sonore.

Originalité ou inconscience ?

Aux États-Unis, la liberté de choisir un prénom est très large. Les autorités interviennent rarement, sauf cas extrêmes. Ce type de décision reste donc légal, même s’il suscite un débat moral.

En France, la situation serait différente. Depuis la réforme de 1993, les parents sont libres de choisir le prénom de leur enfant, mais celui-ci ne doit pas être contraire à “l’intérêt de l’enfant”. Si un officier d’état civil estime qu’un prénom risque de porter préjudice ou d’exposer l’enfant à des moqueries, il peut saisir le procureur de la République. Des prénoms comme Nutella ou encore des associations de noms de footballeurs célèbres ont déjà été retoqués par la justice.

Un prénom directement associé à une catastrophe mondiale comme Tchernobyl serait probablement examiné avec attention, notamment sous l’angle du risque de stigmatisation.

Le poids des mots

Ce débat dépasse la simple anecdote. Il interroge notre rapport à la mémoire collective. Peut-on dissocier un mot de son histoire ? L’originalité justifie-t-elle tout ?

Dans une époque où les prénoms s’inspirent de séries, de villes lointaines ou de marques, la frontière entre créativité et provocation semble de plus en plus floue. Pour certains, Chernobyl Hope incarne une recherche d’unicité. Pour d’autres, c’est une blessure rouverte.

Et au milieu de la tempête numérique, une question demeure : que ressentira cette enfant en découvrant, un jour, la signification de son prénom ?

Sources :
UNILAD
New York Post
Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA)
Service-Public.fr