Insolite

Harcelé par les démarcheurs, il transforme son numéro en ligne surtaxée… et empoche 2 300 euros


Et si le harcèlement téléphonique devenait enfin rentable ? Lassé par les appels commerciaux à répétition, un Britannique a eu une idée aussi simple qu’audacieuse. Une astuce légale, presque insolente, qui lui a permis de transformer une nuisance quotidienne en véritable source de revenus. Résultat : plusieurs milliers d’euros empochés, sans jamais décrocher pour vendre quoi que ce soit.

Il suffit parfois de quelques sonneries pour faire monter l’agacement. Les appels inconnus, insistants, souvent mal synchronisés avec la vie quotidienne, font désormais partie du décor. Pour certains, ils se comptent en dizaines chaque semaine. Une intrusion permanente qui donne le sentiment de ne plus avoir de répit, même chez soi.

Au début des années 2010, bien avant les restrictions actuelles, un Britannique originaire de Leeds vit cette situation comme un véritable harcèlement. Chaque jour, son téléphone sonne. Chaque jour, ce sont des offres commerciales non sollicitées. Il change de numéro, tente d’ignorer, espère que le flot s’arrêtera. En vain. Alors plutôt que de subir davantage, il décide de réfléchir autrement.

Une idée simple… et terriblement efficace

Plutôt que de bloquer les appels, il choisit de les accepter. Mais pas gratuitement. Son idée est radicale : convertir son numéro personnel en ligne surtaxée. Chaque appel entrant devient alors payant… pour celui qui compose le numéro.

L’opération lui coûte l’équivalent d’une dizaine d’euros. Une somme dérisoire comparée à ce que la suite lui réserve. À chaque minute passée au téléphone, quelques centimes tombent. Rien d’extraordinaire sur le papier, mais multiplié par des dizaines, puis des centaines d’appels, le calcul devient soudain très intéressant.

Bien sûr, il conserve une ligne classique pour sa famille et ses proches. La ligne surtaxée, elle, est réservée aux importuns. Ceux-là mêmes qui appellent sans jamais se demander s’ils dérangent.

Des centaines d’appels… et des milliers d’euros

Les premiers mois confirment son intuition. Les appels continuent. Les centres d’appels persistent, parfois sans même remarquer que la ligne est désormais payante. Résultat : l’argent s’accumule lentement mais sûrement.

Après un an et demi, la somme atteint déjà plusieurs centaines d’euros. Puis, au fil du temps, le compteur grimpe encore. Au bout de deux ans, le total frôle les 2 300 euros. Une revanche savoureuse pour celui qui, autrefois, subissait ces appels à longueur de journée.

Il explique alors que certaines entreprises cessent de l’appeler dès qu’elles s’en rendent compte. D’autres, en revanche, continuent inlassablement. « Elles ont mon adresse e-mail, mais préfèrent toujours appeler », confie-t-il, presque amusé. Et tant mieux, pourrait-on dire : chaque appel supplémentaire gonfle un peu plus la cagnotte.

Une vengeance qui divise

L’histoire amuse autant qu’elle interroge. Pour certains, il s’agit d’un coup de génie, une réponse intelligente à une pratique jugée envahissante. Pour d’autres, la méthode frôle la provocation, voire l’abus, même si elle reste parfaitement légale.

Une chose est sûre : cette initiative met en lumière un ras-le-bol largement partagé. En France, malgré les nouvelles règles limitant les horaires de démarchage, l’exaspération reste massive. La quasi-totalité des consommateurs se disent toujours agacés par ces appels non désirés, preuve que le problème est loin d’être réglé.

Et si la solution venait des particuliers eux-mêmes ?

Cette histoire, vieille de quelques années, résonne aujourd’hui avec une force particulière. À l’heure où les consommateurs cherchent à reprendre le contrôle de leur tranquillité, elle pose une question simple mais dérangeante : faut-il continuer à subir ou inventer de nouvelles formes de riposte ?

Sans bloquer, sans insulter, sans menacer. Juste en renversant les règles du jeu. Dans ce combat du quotidien contre le démarchage téléphonique, ce Britannique a peut-être montré une voie que beaucoup n’avaient jamais osé imaginer.

Sources

BBC (août 2013)
UFC-Que Choisir – sondage sur le démarchage téléphonique (octobre 2024)