Conso

Carburants : bientôt 3 euros le litre à la pompe ? Les experts alertent sur la situation


Alors que la hausse des prix des carburants se poursuit, les Français doivent se préparer au pire scénario à cause du conflit en Ukraine. Un litre d’essence à 3 euros est-il possible ? Des économistes alertent sur la situation.

Malheureusement, un conflit à plus de 2 000 kilomètres de l’Hexagone a des conséquences jusque dans les stations-service. Nul doute que l’augmentation des prix des carburants porte un coup dur au pouvoir d’achat des foyers français les plus démunis. Face à cette situation, l’exécutif prévoit une série de coups de pouce afin de soutenir ces ménages. Le gouvernement aura cependant du pain sur la planche, car ce n’est apparemment que le début.

Bien que les Occidentaux aient exclu toute confrontation directe avec les troupes de Vladimir Poutine, la Russie croule sous les sanctions économiques et financières. En ce sens, le torchon brûle entre Moscou et les pays alliés. Du coup, la situation risque fortement de s’envenimer. Les analystes redoutent que les prix des carburants atteignent des sommets historiques. Pourtant, les 3 euros à débourser pour un litre d’essence à la pompe n’est pas le pire scénario.

À lire aussi : 6 conseils pour payer votre essence moins chère

La faute à la flambée des prix pétroliers

« Le prix montait déjà avant le début du conflit », rappelle Philippe Crevel, économiste et directeur du Cercle de l’Epargne, rapporte le site 20 Minutes. La raison ? Il estime que la production mondiale de pétrole aurait apparemment atteint un pic. En ce sens, « les investissements pour la recherche de nouveaux gisements à forte productivité ont cessé ».

Le blocage des importations de pétrole russe va relancer la recherche de nouveaux gisements. Seulement, cette alternative va prendre du temps. En attendant, la hausse des prix des carburants va malheureusement se poursuivre. A Bernard Keppenne, chef économiste chez CBC Banque d’alerter :

« Selon le déroulé de la crise, on est probablement parti pour deux, trois ans de prix hauts côté pétrole. Et encore… En cas d’embargo de la Russie, deux ou trois ans, cela ressemble à un scénario optimiste »

Champ pétrolifère
La recherche de nouveaux gisements comme solution à la hausse des prix des carburants – ©depositphotos

Une dépendance énergétique à la Russie

C’est officiel, les États-Unis ont annoncé un embargo sur les importations de pétrole russe, rapporte le site spécialisé L’Echo. Dans son sillage, Le Royaume-Uni va aussi tourner le dos à Moscou d’ici la fin de l’année. L’administration Biden peut se permettre une telle sanction économique à l’encontre de Poutine, car le pays de l’oncle Sam est le premier producteur mondial.

Les États-Unis espèrent actuellement que les pays européens vont suivre leur exemple. Pourtant, la situation est tout autre. En effet, ils ne peuvent pas atteindre l’autosuffisance énergétique. A titre d’information, la Russie représente 27 % des importations d’or noir. Bernard Keppenne rappelle que l’Allemagne est « extrêmement dépendante du gaz et du pétrole russe ».

Le chancelier allemand Olaf Scholz a affirmé qu’il est pour l’instant impossible pour son pays de se passer du pétrole russe. De son côté, Barbara Pompili, ministre française de la Transition écologique a assuré que l’Europe va rester unie. « On décidera en temps et en heure si on suit les États-Unis », ajoute-t-elle.

D’ailleurs, l’Europe n’a pas d’autre choix. « La production des autres pays de l’OPEP semble arriver à une stagnation. L’Iran est banni du marché européen, et même si on levait ce bannissement, pas sûr que Téhéran accepte de jouer les pompiers de service pour l’Occident », explique Philippe Crevel. Il faut aussi mettre une croix sur une éventuelle importation du pétrole américain. Cette option reviendrait très chère sans compter une importante réorganisation.

Le litre d’essence risque de grimper très haut

Malheureusement, l’embargo américain sur l’or noir russe aura de lourdes conséquences sur le prix. En effet, « un litre d’essence à 3 euros est possible, voire plausible », estime Bernard Keppenne. Ce, avant d’ajouter :

« On risquerait de rentrer dans une logique de rationnement, où l’on demanderait aux entreprises d’arrêter de produire pendant certaines périodes, où il y aurait des restrictions imposées pour la circulation des voitures, des avions (…) A court terme, on va souffrir, car même si on arrive à trouver de quoi remplacer le pétrole russe, cela ne se fera pas en quelques mois »

De son côté, Philippe Crevel explique que la reconstruction des stocks des réserves stratégiques de pétrole se fait en fin d’hiver, début de printemps. Il ne reste donc plus que quelques semaines. Pourtant, l’invasion en Ukraine ainsi que le conflit économique entre les Occidentaux et la Russie ne risquent pas de s’arrêter de sitôt. Inévitablement, cela se fera de plus en plus sentir dans les stations essence.

Signaler une erreur