Le 6 janvier 2026, la station de Bordes d’Envalira, à proximité du secteur de Grau Roig sur le domaine de Grandvalira, a été le théâtre d’une scène pour le moins inattendue. Un SUV noir, immobilisé dans la neige, presque sous un télésiège. À son bord, trois touristes venues de Taïwan, en vacances hivernales dans la principauté.
Sur les images qui circulent en boucle sur les réseaux sociaux, on les voit sourire devant leur véhicule bloqué. Une scène presque légère au premier regard. Pourtant, quelques minutes plus tôt, la situation était bien plus tendue.
Selon les autorités locales, les jeunes femmes ont quitté la route principale après avoir suivi les indications de leur application de navigation. Le chemin s’est progressivement rétréci, la neige s’est épaissie, mais le GPS continuait d’indiquer qu’il s’agissait du bon itinéraire. Convaincues d’être sur la bonne voie, elles ont poursuivi leur route… jusqu’à se retrouver en pleine piste de ski.
Trois heures d’intervention pour dégager le véhicule
Vers 10 h 45, réalisant qu’elles ne pouvaient ni avancer ni reculer, les touristes ont contacté les secours. L’intervention s’est révélée plus complexe qu’il n’y paraît. Trois grues et plusieurs dépanneuses ont été mobilisées pour extraire le SUV de la neige sans endommager les installations du domaine skiable.
Les équipes ont travaillé plus de trois heures pour sécuriser la zone et hisser le véhicule jusqu’à la route. L’opération s’est achevée vers 13 h 30. Aucun blessé n’est à déplorer, mais l’épisode a provoqué l’arrêt temporaire de certaines activités sur la piste concernée.
Les autorités andorranes ont rappelé que la circulation motorisée est strictement interdite sur ces zones et que les conducteurs restent responsables, même lorsqu’ils suivent les indications d’un outil numérique.
“On pensait vraiment être sur la bonne route”
Ce qui frappe dans cette histoire, c’est la confiance accordée à l’écran. Les trois vacancières disposaient bien de chaînes à neige dans le coffre, obligatoires en hiver dans ce secteur. Mais elles ne savaient pas les installer. Une hésitation, une incompréhension, et la situation s’est rapidement compliquée.
Des incidents similaires ont déjà fait la une ailleurs. En 2022, en Isère, un adolescent guidé par Google Maps s’était retrouvé engagé sur une via ferrata fermée. Aux États-Unis, en Caroline du Sud, Philip Paxson avait tragiquement perdu la vie après avoir été dirigé vers un pont effondré depuis plusieurs années, une affaire qui a conduit sa famille à engager des poursuites judiciaires.
Ces précédents rappellent une réalité simple : le GPS reste un outil d’aide, pas un pilote automatique. En montagne, où les conditions peuvent changer en quelques heures, la vigilance humaine demeure essentielle.
La montagne, plus forte que l’écran
À Andorre, l’histoire se termine sans drame. Mais elle soulève un débat plus large sur notre dépendance aux technologies de navigation. La neige, le relief, les chemins non entretenus… autant d’éléments que les algorithmes ne perçoivent pas toujours avec précision.
Préparer son itinéraire, consulter la météo, vérifier les routes ouvertes et savoir manipuler son équipement restent des réflexes fondamentaux. La montagne impose ses règles, et aucun écran ne peut les contourner.
La photo, devenue virale, continuera sans doute de faire sourire. Mais derrière l’image insolite, une leçon s’impose : la technologie guide, mais c’est toujours le conducteur qui décide.
Sources :
Police d’Andorre – Communiqué officiel
Médias locaux andorrans (Diari d’Andorra, Altaveu)
Presse internationale sur les incidents liés aux applications de navigation (Associated Press, 2022–2023)


