Le 12 février dernier, vers 10 heures du matin, un voyageur monte à bord d’un train de la SNCF. Comme beaucoup d’autres passagers, il consulte son téléphone pour faire passer le temps. Il regarde une vidéo sur Instagram, sans casque.
Rien d’inhabituel à première vue. Pourtant, quelques instants plus tard, le chef de bord s’approche et lui inflige une amende. Motif : usage d’un “instrument sonore” perturbant la tranquillité des autres voyageurs. Montant : 200 euros.
Surpris, l’homme raconte sa mésaventure dans une publication sur LinkedIn. Le message sera finalement supprimé, mais l’affaire a déjà pris de l’ampleur. Relayée par plusieurs médias, elle déclenche une vague de réactions indignées. Beaucoup s’interrogent : une telle sanction est-elle réellement justifiée ?
Ce que dit vraiment la loi
Dans l’esprit de nombreux internautes, écouter une vidéo sur son téléphone n’est pas formellement interdit. Et en effet, aucun texte ne mentionne explicitement l’interdiction de regarder du contenu sans écouteurs.
Cependant, la réglementation encadre plus largement les comportements pouvant troubler la tranquillité à bord. L’article R2241-18 du Code des transports prévoit qu’il est interdit, dans les espaces affectés au transport public, de faire usage d’appareils sonores sans autorisation ou de provoquer des bruits susceptibles de déranger autrui.
Autrement dit, ce n’est pas la vidéo en elle-même qui pose problème, mais le niveau sonore jugé excessif. La règle laisse une marge d’appréciation au personnel de bord. Si le bruit est considéré comme gênant et qu’il persiste malgré un avertissement, une verbalisation peut être dressée.
Pourquoi 200 euros ?
Le montant a particulièrement choqué. Selon les informations rapportées, l’amende de base pour ce type d’infraction se situe généralement entre 135 et 150 euros selon les réseaux.
Dans ce cas précis, le tarif retenu aurait été de 150 euros. Mais le voyageur aurait refusé de régler immédiatement. Résultat : la somme a été majorée, atteignant 200 euros.
Ce détail change la perception de l’affaire. Certains estiment que le montant reste disproportionné. D’autres rappellent que le refus de paiement entraîne automatiquement une augmentation.
Une affaire qui divise
Sur les réseaux sociaux, les réactions sont vives. “On ne peut plus rien faire”, écrivent certains. D’autres, au contraire, saluent une application stricte des règles pour préserver le calme dans les transports.
Le débat dépasse rapidement le simple cas individuel. Il pose une question plus large : dans un espace collectif comme le train, où se situe la limite entre liberté personnelle et respect des autres ?
Dans une société où le smartphone est omniprésent, l’usage du son sans écouteurs est devenu un sujet sensible. Beaucoup de voyageurs se plaignent régulièrement de nuisances sonores. Mais la sanction financière reste rare, ce qui explique l’effet de surprise.
Peut-on contester une telle amende ?
Il est possible de contester une verbalisation auprès du service client du réseau concerné. Des éléments comme des témoignages ou des preuves peuvent appuyer la démarche.
Chaque situation étant appréciée au cas par cas, l’issue dépendra de l’analyse des faits et du respect de la procédure.
En attendant, cette histoire agit comme un rappel brutal : dans les transports publics, le silence n’est pas une simple règle de courtoisie, mais une obligation légale. Et parfois, quelques décibels de trop peuvent coûter très cher.
Sources
BFMTV
Code des transports – Article R2241-18
Règlement des conditions générales de transport de la SNCF


