Habituée des plateaux télé, visage familier des téléspectateurs de Tout beau, Tout 9, Isabelle Morini-Bosc a décidé de franchir un cap. Après plus de 30 ans de carrière à la télévision et à la radio, la chroniqueuse a lancé sa propre émission en direct sur Twitch, baptisée Isa TV.
Connue pour ses interventions aux côtés de Cyril Hanouna, elle n’a jamais caché son envie de rester connectée à son époque. Dans une vidéo de présentation diffusée avant le lancement, elle confiait avec humour que Twitch représentait pour elle un univers presque scientifique, « comme le CNRS ». Une manière sincère d’admettre qu’elle entrait en terrain inconnu.
L’objectif était clair : créer un rendez-vous interactif, plus libre, plus direct, capable de réunir différentes générations autour d’un échange sans filtre.
Un invité prestigieux… mais une audience minuscule
Pour son premier numéro diffusé le 7 février 2026, Isabelle Morini-Bosc avait frappé fort. Elle avait convié celui qu’elle surnomme le « pape de la télévision », Michel Drucker. Un symbole fort, presque un passage de relais entre l’ancienne et la nouvelle ère médiatique.
Mais la réalité des chiffres a rapidement refroidi l’enthousiasme. Selon les données relayées par Puremédias via TwitchTracker, l’émission a rassemblé seulement 14 spectateurs en simultané, avec un pic à 19 viewers. Un score extrêmement faible pour une personnalité aussi installée dans le paysage audiovisuel français.
Le contraste est saisissant. Sur le plateau télé, des millions de téléspectateurs. Sur Twitch, une poignée d’internautes connectés en direct. L’image a de quoi surprendre, voire alimenter les moqueries sur les réseaux sociaux.
Un échec total ? Pas si vite…
Si le direct a peiné à convaincre, le replay raconte une autre histoire. La vidéo de deux heures publiée sur YouTube a dépassé les 80 000 vues. Un chiffre honorable, qui montre que l’intérêt existe, mais qu’il ne se manifeste pas forcément en live.
Ce décalage pose une question centrale : le public historique d’Isabelle Morini-Bosc est-il vraiment présent sur Twitch ? La plateforme, très codifiée, attire majoritairement un public jeune, habitué aux streamers natifs du digital. S’y imposer demande du temps, des codes spécifiques et une régularité quasi quotidienne.
D’autres figures de la télévision ont déjà tenté l’aventure numérique, avec des fortunes diverses. Laurence Boccolini a récemment lancé un podcast qui a trouvé son public en ligne, tandis que Faustine Bollaert a réussi à fédérer une large communauté sur YouTube avec des contenus dépassant parfois le million de vues. La réussite digitale ne tient pas seulement à la notoriété, mais à l’adaptation au format.
Le refus de Cyril Hanouna, un symbole ?
Autre élément qui alimente les discussions : l’absence de Cyril Hanouna au casting de cette première émission. La chroniqueuse lui aurait proposé de participer, mais l’animateur aurait décliné l’invitation à sa manière. Un détail qui interroge.
Dans l’univers médiatique actuel, la puissance d’un réseau peut jouer un rôle décisif au lancement d’un nouveau projet. Sans coup de pouce massif, même les personnalités les plus expérimentées peuvent se retrouver face à la dure loi des algorithmes.
Télévision contre Twitch : le choc des mondes
Ce lancement discret illustre un phénomène plus large. Les figures historiques du petit écran se retrouvent confrontées à un écosystème radicalement différent. Sur Twitch, l’authenticité, la spontanéité et la proximité avec la communauté priment sur le prestige du CV.
Isabelle Morini-Bosc, forte de son expérience et de son carnet d’adresses, n’a toutefois pas dit son dernier mot. Les débuts numériques sont souvent chaotiques. De nombreux créateurs aujourd’hui incontournables ont commencé devant quelques spectateurs.
Reste à savoir si le public suivra sur la durée. Le flop initial deviendra-t-il une anecdote amusante ou le symbole d’une transition ratée ? Dans un paysage médiatique en pleine mutation, chaque tentative compte.
Sources
Puremédias
Données TwitchTracker
Chaîne YouTube officielle d’Isa TV


