L’affaire semblait s’être figée dans le temps. Après la mort de Jeffrey Epstein en 2019, puis celle de Jean-Luc Brunel en 2022 à la prison de la Santé, beaucoup pensaient que la justice ne pourrait plus aller plus loin. Mais la diffusion récente d’une enquête dans Quotidien a ravivé les interrogations.
À l’écran, des archives extraites des millions de documents rendus publics aux États-Unis. Parmi eux, des notes attribuées à Brunel, longtemps présenté comme l’un des relais français du financier américain. Sur des papiers annotés par un assistant d’Epstein, plusieurs messages apparaissent. L’un d’eux, daté de 2005, contient cette phrase qui a immédiatement provoqué un malaise : « Elle a deux fois huit ans ».
Prononcée sur le plateau, la citation a figé le silence. Car derrière la formulation énigmatique, beaucoup voient l’évocation d’une très jeune fille. Le ton employé dans ces échanges, presque administratif, contraste avec la gravité des faits reprochés au réseau.
Une proximité déjà dénoncée
Les images diffusées montrent également Jean-Luc Brunel à bord du jet privé d’Epstein, aux côtés de Ghislaine Maxwell. Une proximité déjà évoquée par plusieurs témoignages au fil des années.
Ancien agent de mannequins influent dans les années 1980 et 1990, Brunel avait été arrêté fin 2020 à l’aéroport de Roissy alors qu’il s’apprêtait à quitter la France. Il était poursuivi pour viol sur mineur de plus de quinze ans et harcèlement sexuel. Douze femmes l’accusaient d’agressions sexuelles.
En février 2022, il était retrouvé pendu dans sa cellule. Son suicide mettait un terme à l’instruction française, laissant de nombreuses victimes dans l’attente d’un procès qui n’aura jamais lieu.
Des échanges troublants avant les enquêtes
Ce qui frappe aujourd’hui, c’est la date de ces messages. Ils précèdent l’ouverture des premières enquêtes judiciaires. Dans un autre courrier évoqué à la télévision, il est question d’une jeune femme de 18 ans, présentée dans des termes qui interrogent. Un troisième message fait référence à des problèmes de santé d’Epstein, sur un ton qui semble détaché de toute considération morale.
Ces fragments, sortis de l’ombre, ne constituent pas en eux-mêmes une condamnation judiciaire. Mais ils dessinent, selon les journalistes, le portrait d’un système organisé, où logistique et relations internationales se mêlaient à des pratiques aujourd’hui largement documentées par la justice américaine.
Le nom de l’ancienne Miss France Flora Coquerel apparaît également dans certains documents liés au dossier, sans qu’aucune accusation ne soit portée contre elle. Son entourage avait à l’époque fermement démenti toute implication.
Une affaire loin d’être terminée ?
Malgré la disparition des principaux protagonistes, l’histoire pourrait connaître un nouveau rebondissement. Deux anciennes mannequins ont engagé une procédure civile afin d’obtenir réparation auprès des héritiers de Brunel. Leur objectif : faire reconnaître leur préjudice et, peut-être, accéder à d’autres pièces du dossier.
Dans l’opinion publique, les comparaisons entre la mort d’Epstein en 2019 et celle de Brunel en 2022 alimentent toujours les débats. Les circonstances similaires des deux décès ont nourri de nombreuses spéculations, sans qu’aucune preuve ne vienne étayer les théories les plus controversées.
Ce qui est certain, en revanche, c’est que les révélations successives continuent d’ébranler l’image d’un milieu longtemps protégé par le prestige et l’influence. Derrière les fêtes mondaines et les carnets d’adresses prestigieux, des victimes réclament encore justice.
L’affaire Epstein, loin d’être un simple scandale du passé, demeure une plaie ouverte. Et chaque document dévoilé ravive une question essentielle : toute la vérité a-t-elle réellement été révélée ?
Sources
Émission Quotidien (diffusion du 9 février 2026)
Documents judiciaires américains rendus publics dans le cadre des “Epstein files”
Procédure judiciaire française concernant Jean-Luc Brunel


