À première vue, l’offre semble irréelle. Être payé 5.000 euros pour rester couché pendant dix jours. Pas d’ordinateur à livrer, pas de réunions interminables, pas de patron sur le dos. Juste un lit. Forcément, l’annonce publiée par le Institut de médecine et de physiologie spatiale (Medes) à Toulouse a immédiatement déclenché une vague de réactions.
Certains y voient une aubaine. D’autres dénoncent une expérience “extrême”. “Franchement, qui ne rêverait pas d’être payé pour se reposer ?” ironise un internaute. Mais la réalité est bien différente.
Dix jours sans bouger, vraiment sans bouger
Les volontaires sélectionnés devront rester strictement allongés pendant dix jours. Pas question de se lever, même quelques secondes. Le corps sera incliné à six degrés, la tête légèrement plus basse que les pieds. Une position pensée pour reproduire les effets de l’apesanteur sur l’organisme.
Car l’objectif est sérieux : mieux comprendre comment le corps humain réagit à l’absence de gravité, notamment en cas de restriction alimentaire. Une donnée cruciale à l’heure où les agences spatiales préparent de nouvelles missions vers la Lune avec le programme Artemis.
Cette simulation terrestre permet d’anticiper les déséquilibres, la perte musculaire ou les troubles cardiovasculaires que pourraient subir les astronautes lors de missions longues.
Jeûner pour simuler l’imprévu spatial
Deuxième contrainte, et non des moindres : le jeûne. Les participants recevront uniquement un bouillon, une cuillère de miel et un jus de fruit par jour. L’idée est de recréer une situation d’urgence dans l’espace, lorsque l’approvisionnement tarde ou qu’un incident survient.
Pendant l’expérience, les volontaires seront soumis à des examens réguliers : analyses sanguines, tests urinaires, évaluations psychologiques. Ils devront même pédaler… en position allongée.
Un protocole strict, encadré par des équipes médicales spécialisées, sous l’égide du Centre national d’études spatiales (CNES).
Des critères très sélectifs
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, tout le monde ne peut pas postuler. Les candidats doivent être des hommes âgés de 20 à 40 ans, mesurer entre 1,65 m et 1,85 m, afficher un indice de masse corporelle compris entre 20 et 26 et être en parfaite santé. Aucun traitement médical, aucune cigarette, une pratique sportive régulière.
L’étude dure en réalité vingt jours au total, dont dix strictement alités. Les chercheurs préviennent également des effets secondaires possibles : perte musculaire, malaises, déséquilibres. Une expérience qui demande autant de discipline mentale que de résistance physique.
Un simple “bon plan” ou un vrai sacrifice ?
Sur les réseaux sociaux, le débat enfle. Certains parlent d’un “plan en or”. D’autres rappellent que rester immobile dix jours, presque à jeun, relève du défi. “On ne mesure pas l’impact psychologique avant de l’avoir vécu”, confie un ancien participant d’une étude similaire.
Ce type d’expérimentation n’est pas nouveau. Par le passé, des missions plus longues ont été menées, certaines allant jusqu’à soixante jours d’alitement contre une rémunération plus élevée. Chaque fois, les places trouvent preneur en quelques jours.
Une étape clé vers la conquête spatiale
Derrière l’aspect sensationnel, ces recherches jouent un rôle majeur dans la préparation des futures missions habitées. Des start-up françaises travaillent déjà sur des habitats gonflables ou des fermes spatiales capables de produire des aliments en circuit fermé.
Même Elon Musk évoque régulièrement son ambition de bâtir une cité autonome au-delà de la Terre. Dans ce contexte, chaque donnée scientifique compte.
Alors, job de rêve ou épreuve extrême ? La promesse des 5.000 euros fait tourner les têtes. Mais derrière le matelas et le miel quotidien, il y a surtout une chose : la science.
Sources
Institut de médecine et de physiologie spatiale (Medes)
Centre national d’études spatiales (CNES)
Programme Artemis – NASA
Déclarations publiques d’Elon Musk sur les projets lunaires
Intervention d’Anthony Morel – RMC, 11 février


