Société

Expérience sociale : les pharmaciens connaissent-ils le code « masque 19 » qui permet de signaler discrètement les cas de violences conjugales ?


Face à la hausse inquiétante des violences conjugales pendant le confinement, un nouveau système d’alerte a été mis en place, en pharmacie.

Le confinement imposé par la pandémie de Covid-19 a entraîné une hausse préoccupante des brutalités au sein du couple. En effet, ne pouvant plus se réfugier au travail ou hors de la maison, les cibles de violences conjugales se sont retrouvées « coincées » avec leur agresseur.

Pour la Belgique, les appels à l’aide auraient ainsi augmenté de 30 %, rien qu’en région bruxelloise. Mais cela ne concerne que les victimes qui ont pu contacter les secours ! Car beaucoup n’ont même pas cette possibilité. D’où la mise en place d’un système d’alerte discret et accessible à tousen pharmacie.

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Le code « Masque 19 » pour donner l’alerte

Aussi, pour éviter leur isolement, les victimes de violences domestiques, peuvent désormais signaler des situations de danger directement en pharmacie. Cela, en prononçant le code secret « Masque 19 » au professionnel qui l’accueille à l’officine. Suite à quoi, le pharmacien l’orientera vers un service de soutien.

Dans cette vidéo où victimes et agresseurs sont interprétés par des acteurs, on constate que ce code permet de dénoncer les brutalités. Cela, sans éveiller les soupçons du ou de la partenaire violent•e même s’il ou elle est présent•e ! Cette initiative lancée par le Centre Public d’Action Sociale (CPAS) de Schaerbeek en Belgique est aujourd’hui déployée dans une soixantaine d’établissements, en collaboration avec l’Union des pharmaciens de Bruxelles.

« Ça permet de renvoyer la personne qui a besoin d’aide vers des services d’aide »

 Anne Herzeel, co-présidente de l’Union des pharmaciens de Bruxelles.     

Donner la parole aux victimes

Toutefois, il convient de préciser que ce code sert avant tout à délier les langues. Il s’agit alors d’encourager les victimes à dénoncer leur situation. Cela, afin de les orienter vers les organismes spécialement mis en place pour les écouter et les accompagner.

Ce pourquoi, dans une interview pour RTL info, Sophie Querton, présidente du CPAS de Schaerbeek a précisé : « C’est difficile de parler quand on est victime de violences familiales. On n’a pas envie de le dire. (…) Ce nom de code permettra à toute personne victime de violences de faire part de sa détresse. »

Pour rappel, le rôle principal des travailleurs sociaux est de fournir aux appelants un soutien psychologique et des conseils pratiques.

La police lorsqu’une intervention est nécessaire

On constate effectivement que cet accompagnement personnalisé s’avère nécessaire pour aider les victimes à s’en sortir. Particulièrement, en rappelant qu’elles ne sont pas seules et qu’elles peuvent bénéficier d’une assistance pour se défendre.

En revanche, les accompagnateurs n’ont aucun moyen d’intervenir en cas de danger immédiat. Raison pour laquelle il est parfois nécessaire d’orienter les victimes vers les services de police-secours. Les seuls habilités à se rendre au domicile pour les protéger physiquement, et si les circonstances l’exigent, arrêter l’agresseur !

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