Santé

Le gouvernement accusé de « mentir aux Français » sur la réalité de l’épidémie

Gilles Pialoux sur BFMTV
Gilles Pialoux tient à alerter au sujet du variant brésilien. Crédits : capture d'écran BFMTV.

Ce mardi 13 avril sur BFMTV, le médecin Gilles Pialoux a regretté à l'antenne que l'exécutif ne prenne pas plus en compte un variant du virus. Pour lui, le gouvernement « ment un peu aux Français » au sujet des conséquences réelles de l'épidémie.

Suite aux alertes de plusieurs médecins, le gouvernement a finalement choisi de suspendre les vols avec le Brésil et ce « jusqu’à nouvel ordre ». Le pays traverse en effet une importante vague qui touche de nombreux Brésiliens et entraîne un rajeunissement des patients en réanimation.

La faute au variant brésilien, le Voc 3, aussi baptisé P1. Une mutation que le gouvernement ne prendrait pas suffisamment en compte, estime le docteur Gilles Pialoux sur BFMTV.

Pourquoi le variant brésilien est-il plus dangereux ?

D’après Santé Publique France, le P1 serait entre 40 et 120 % plus contagieux que la souche initiale du virus. Au Brésil, cette mutation du virus entraîne une véritable hécatombe, avec plus de 4 000 disparitions en seulement 24 h. Les hôpitaux brésiliens sont bondés et les inhumations ont même lieu de nuit, en raison d’un grand nombre de corps. Les soignants se retrouvent dans l’obligation d’effectuer un tri des patients en fonction de leur âge, rapporte 20 Minutes. Résultat : dans les services de réanimation, les patients sont désormais âgés en moyenne de 40 à 50 ans.

Le variant brésilien peut-il également faire des ravages en France ? « C’est une possibilité malheureuse pour nous, souligne Benjamin Davido, infectiologue à l’ hôpital Raymond-Poincaré de Garches (AP-HP). Donc mieux vaut prévenir que guérir ». Une opinion partagée par Gilles Pialoux, qui estime que l’exécutif ne prend pas suffisamment conscience de l’urgence de la situation.

Le P1 brésilien déjà détecté en France depuis février 2021

Le variant brésilien est en effet déjà sur le sol français, depuis le mois de février dernier. Sa diffusion serait pour l’instant limitée, puisque selon une enquête du 16 mars, il ne serait responsable que de 0,5 % des contaminations dans le pays. Pour Gilles Pialoux, invité par BFMTV ce mardi, les politiques doivent prendre davantage en compte la dangerosité de cette mutation. « On ne peut pas plaisanter avec le variant brésilien », souligne le médecin.

Pour ce spécialiste des maladies infectieuses, l’exécutif n’emploie jamais de mots forts, préférant parler de « familles qui vivent des choses tragiques ». Une manière de « mentir un peu aux Français » ? Oui, estime Gilles Pialoux qui déplore « le choix politique qui est d’accepter qu’on ait chaque jour un Boeing qui s’écrase » en termes de victimes du virus.

L’inquiétude du médecin a-t-elle été entendue ? Il semblerait bien, puisqu’après 48 heures de polémiques, le gouvernement a donc décidé de fermer les lignes aériennes avec le Brésil. Reste à savoir si cette mesure sera suffisante pour empêcher la propagation du variant au sein de la population. « L’aggravation de la situation au Brésil pourrait nous conduire à prendre des mesures supplémentaires », a ainsi déclaré Jean Castex en réunion de groupe LaREM, ce 13 avril au matin.

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