Santé

La pandémie fait basculer une partie de la population dans la psychiatrie


La troisième vague tant redoutée par les scientifiques sera-t-elle psychiatrique ? Les professionnels de la santé mentale s'inquiètent : une part non négligeable de la population commence à présenter des troubles psychiatriques importants. Explications.

Alors que le second confinement touche à sa fin, les professionnels du secteur psychiatrique tirent la sonnette d’alarme.

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Une demande de soins psychiatriques en augmentation et un secteur déjà saturé

« Les semaines passant, ce que nous craignions se produit. Depuis quelques semaines, la demande de soins psychiatriques augmente. A la fois sur les demandes de consultations, et d’hospitalisation, on observe une hausse de 10 à 15% de nouveaux patients par rapport à l’année dernière… Ce sont des signaux inquiétants, c’est une hausse notoire », souligne Edgar Tissot auprès de France 3.

Le président de la commission santé mentale du Doubs prévient : « Ce chiffre est d’autant plus inquiétant que la psychiatrie publique est saturée actuellement. Dans certains endroits, il faut 6 à 12 mois de délai d’attente pour accéder à une consultation avec un psychologue ou un psychiatre. »

patiente en dépression
Image d’illustration

Les jeunes sont les plus impactés psychologiquement par la crise sanitaire

D’après le spécialiste, les personnes les plus impactées psychologiquement par cette crise sont « les jeunes ». « Très récemment, des travailleurs sociaux disaient, on n’a jamais vu une telle détresse chez les étudiants qui viennent à la Banque Alimentaire, et qui consomment sur place, parce qu’ils ont faim », confie Edgar Tissot. « Donc l’isolement social, et la précarisation financière, vont faire décompenser des personnes sur le plan psychologique, ça, il faut le prévenir. Il faut identifier, proposer des démarches de prévention auprès des pouvoirs publics, sinon, on va vers une catastrophe. »

Un constat partagé par le psychiatre Serge Hefez, qui s’alarme du pourcentage de la population commençant à sombrer dans les troubles psychiatriques : « 20 % », assure-t-il. « C’est terrible, tous mes collègues disent la même chose », explique-t-il sur Europe 1. « On est dans cette troisième vague psychiatrique à l’heure actuelle, avec des risques qui sont majeurs, avec des dépressions qui sont quasiment mélancoliques, des états de sidération anxieuse avec des risques de décompensation, un peu sur un mode paranoïaque. »

adolescente en dépression
Image d’illustration

Les proches ne suffisent plus à apaiser les personnes en détresse psychologique

Autre facteur d’aggravation : les liens familiaux ou amicaux ne suffisent plus à aider ces patients confrontés à un mal être grandissant. « Il faut vraiment des soins pour ces personnes-là, des diagnostics, et pouvoir conduire des traitements appropriés », souligne le psychiatre.

D’après Serge Hefez, la période est dangereuse pour les adolescents, qui sont plus à risque de commettre le pire. Le psychiatre souligne également l’importance de suivre ces jeunes, même après la fin de la crise sanitaire. « On sait par expérience que le pire se produit un an voire deux après une crise ».

Les conséquences de la pandémie sur le secteur psychiatrique sont catastrophiques, soulignent tous ces spécialistes. Il est donc urgent que les autorités sanitaires s’emparent également de ce dossier à court, moyen et long terme.

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