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Police et Justice

Un ancien nazi, complice du meurtre de 5232 juifs, condamné à deux ans de prison avec sursis

Âgé de 93 ans, cet ancien gardien de camp nazi a été reconnu coupable de complicité dans plus de 5 000 meurtres et tentatives de meurtres. L'Allemagne ne l'a condamné qu'à deux ans de prison avec sursis.

des casques nazis.
Bruno Dey a été jugé selon la législation appliquée aux mineurs. Source : Depositphotos.
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Jeudi 23 juillet 2020, le tribunal de Hambourg (Allemagne) a condamné un ancien garde de camp nazi, âgé de 93 ans, a deux ans de prison avec sursis.

Bruno Dey a été reconnu complice de milliers de meurtres perpétrés entre 1944 et 1945, à Stutthof, en Pologne.

Au moment des faits, l’ancien SS était âgé de 17 ans

A l’issue du procès de l’ex-SS, la présidente du tribunal Anne Meier-Göring a fait savoir que Bruno Dey « est reconnu coupable de complicité dans 5232 cas de meurtres et tentatives de meurtres ». Lorsqu’il était gardien de camp nazi, le nonagénaire était âgé de 17 ans.

Le verdict de ce procès, très attendu, se réfère donc à la législation pour mineurs, puisque Bruno Dey était mineur au moment des fais.

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« C’était mal. C’était une terrible injustice. Vous n’auriez pas dû participer à Stutthof », a déclaré la juge, avant d’estimer : « Vous vous considérez comme un observateur. Mais vous étiez un soutien de cet enfer créé par des hommes ».

Bruno Dey et son avocat.
Dans ce procès, le parquet réclamait trois ans de prison, tandis que la défense souhaitait un non lieu. Source : YouTube.

« Servir dans un camp de concentration n’était à l’époque pas considéré comme un crime »

Toute la question de ce procès, sûrement l’un des derniers portant sur les atrocités du IIIe Reich, était d’estimer la responsabilité de Bruno Dey dans les meurtres commis dans le camp de concentration de Stutthof.

Des crimes perpétrés entre août 1944 et avril 1945, lorsque des Juifs des pays baltes et de Pologne ont été abattus d’une balle en pleine tête, pendus, gazés au Zyklon B ou encore morts de froid et de maladies.

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La défense de l’ancien SS assure que Bruno Dey n’a jamais « directement fait de mal à quelqu’un ». Jamais il ne s’est « porté volontaire pour entrer dans les SS ou servir dans un camp de la mort ».

Bruno Dey
A droite, Bruno Dey lorsqu’il était gardien de camp nazi. Source : D.R.

« Vous n’auriez pas dû suivre un ordre criminel, et en aucun cas l’invoquer » pour votre défense, a rétorqué la juge.

Pour l’avocat de l’ex-garde de camp nazi, son client n’avait d’autre choix que de servir le IIIe Reich, sous peine d’être envoyé sur le front est. « Servir dans un camp de concentration n’était à l’époque pas considéré comme un crime », a rappelé Me Stefan Waterkamp.

Bruno Dey, qui a par la suite fait sa vie à Hambourg, a été boulanger, concierge et chauffeur de camion. L’homme, qui a fondé une famille, a tenu à présenter des excuses « auprès de ceux qui sont passés par cet enfer de folie ».

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