Police et Justice

Elisa Pilarski : les vraies raisons qui freinent l’enquête

Elisa Pilarski avec son chien Curtis.
Curtis, le chien d'Elisa Pilarski, est considéré comme un suspect. Source : D.R.

L'enquête concernant le décès de la jeune femme semble au point mort. Les investigations, longues et semées d'embuches, sont ralenties. Les résultats des analyses ADN se font notamment attendre, mais ce ne sont pas les seules raisons qui freinent l'enquête. Explications.

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Le corps d’Elisa Pilarski a été retrouvé en novembre 2019, dans la forêt de Retz. La jeune femme, enceinte au moment des faits, était couverte de morsures.

Deux pistes ont été rapidement privilégiées par les enquêteurs : des morsures mortelles infligées par les chiens d’Elisa Pilarski, ou bien par ceux appartenant à une meute de chasse à courre. Une partie de chasse qui se déroulait dans cette même forêt, le jour où Elisa a perdu la vie.

Depuis, une analyse ADN menée sur de très nombreux chiens est en cours. Une analyse dont les résultats se font attendre depuis de longues semaines, tout comme les conclusions de l’enquête.

Un lieutenant-colonel présent à la chasse à courre le jour du drame

L’affaire Elisa Pilarski a en premier lieu été ralenti par la présence d’un lieutenant-colonel parmi les membres de la chasse à courre.

En effet, le lieutenant-colonel Jean-Charles Metras était ce jour-là présent dans les bois, avec ses chiens. En raison de cette implication, l’enquête concernant Elisa Pilarski a finalement été retirée au fonctionnaire de police.

L’enquête sur l’affaire Pilarski est maintenant aux mains de la police judiciaire de Creil.

Mais la présence du lieutenant-colonel le jour du drame n’est pas la seule raison des nombreux piétinements de l’enquête Pilarski. Plusieurs mutations d’agents de l’Etat ont également ralenti l’affaire.

Elisa Pilarski et Curtis.
Elisa Pilarski et son chien Curtis. Source : D.R.

Des mutations de policiers qui ralentissent l’enquête

Jean-Charles Metras, à qui l’enquête a finalement été retirée, a demandé sa mutation pour « suivre son épouse dans le privé ». Le fonctionnaire de police a donc quitté le département pour être affecté en Outre-Mer.

L’ancienne juge d’instruction en charge de l’enquête a elle aussi changé de poste, alors qu’elle était en charge du dossier. Elle a été nommée substitut du procureur de Reims, en août dernier. L’enquête a alors été une nouvelle fois ralentie, le temps qu’un autre juge prenne le relais. Un magistrat qui a dû prendre connaissance du dossier dans son entièreté avant de poursuivre les investigations.

Troisième mutation à avoir ralenti l’enquête Pilarski : celle du procureur de la République de Soissons, Frédéric Trinh. Le magistrat a en effet été nommé sous-directeur de l’organisation judiciaire et de l’innovation au ministère de la Justice. Un nouveau procureur a donc été nommé pour reprendre ce dossier. Ce dernier a également dû prendre connaissance de l’enquête et ses détails, de quoi la ralentir à nouveau.

Le chien d’Elisa Pilarski, Curtis, expertisé pour juger de sa dangerosité

Un autre point demeure crucial dans l’affaire Elisa Pilarski : le chien du couple, Curtis. L’animal doit faire l’objet d’expertises pour juger de sa dangerosité. Ce vendredi 18 septembre 2020, Curtis a été vu par un vétérinaire.

Il s’agissait d’une expertise que la juge d’instruction en charge du dossier réclamait depuis le mois de juin dernier. Les résultats seront déterminants pour la suite de l’enquête.

Le compagnon d’Elisa Pilarski, Christophe Ellul, assure que Curtis a passé avec succès les tests concernant sa dangerosité.

« Il ne s’agissait pas d’une évaluation comportementale, mais d’une série d’exercices qui vont aider le vétérinaire expert à compléter l’expertise judiciaire »,

explique le comité de défense de Curtis, sur Facebook.

Pourtant, en novembre 2019 un comportementaliste avait fait des conclusions bien différentes. Le chien avait alors été observé par ce professionnel deux jours après le drame. Les conclusions étaient sans appel : Curtis avait été jugé dangereux et capable de mordre grièvement sa maîtresse.

Alors, Curtis est-il un chien dangereux pouvant s’en prendre à ses propres maîtres ? La question, épineuse, prendra du temps avant d’être tranchée.


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