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Police et Justice

Cathédrale de Nantes : le bénévole qui a mis le feu avait une obligation de quitter le territoire et avait envoyé un mail inquiétant

Le bénévole du diocèse de Nantes, d'origine rwandaise, a reconnu avoir mis le feu à la cathédrale.

La cathédrale de Nantes en feu.
Dans un long mail, l'homme fait part de sa rancoeur vis-à-vis des membres du diocèse de Nantes. Source : Twitter D.R.
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Le bénévole mis en examen dans la nuit de samedi à dimanche a avoué avoir mis le feu à la cathédrale de Nantes. Les enquêteurs l’ont rapidement soupçonné d’être à l’origine du sinistre en accédant à l’un de ses mails, dans lequel il exprime sa rancoeur vis-à-vis du diocèse.

Un mail rédigé peu de temps avant l’incendie, dans la nuit du 17 au 18 juillet

Samedi 18 juillet 2020, la brigade criminelle de la police judiciaire de Nantes découvre l’existence d’un mail rédigé par le bénévole de 39 ans. Dans ce message, écris dans la nuit du 17 au 18 juillet, soit quelques heures avant le sinistre, l’homme se confie sur ses « problèmes personnels ».

Bénévole au sein du diocèse de Nantes, il « écrivait sa rancœur auprès de différentes personnalités qui ne l’avaient pas assez soutenu, à ses yeux, dans ses démarches administratives »,

explique le procureur de la République de Nantes, Pierre Sennès.

Son mail, destiné au diocèse et aux autorités administratives, a pu être consulté par les enquêteurs. Ces derniers ont alors eu la conviction que le bénévole était bien l’auteur du sinistre.

Le Rwandais faisait l’objet d’une obligation de quitter le territoire

Dans ce courrier électronique, l’homme de 39 ans dit être « dans un cercle vicieux déplorable ». « Je compte vivement sur vos prières pour que l’Esprit saint m’accompagne », supplie-t-il, avant d’évoquer « toutes les victimes de ce système conduisant à l’injustice ».

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Depuis le 15 novembre 2019, ce bénévole diocésain faisait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF).

Une « OQTF me guettait sauvagement un peu partout »,

écrit-il dans son message électronique.

« Il avait formulé des demandes de régularisation qui n’ont pas abouti », confirme Pierre Sennès.

Ce fervent catholique, qui logeait dans un foyer nantais géré par la communauté des franciscains, raconte avoir subis une agression sur le parvis de la cathédrale de Nantes, en décembre 2018. « Tout le monde a fermé les yeux sur mon état de santé fragilisé (…) en plus de cette crise sanitaire qui s’y ajoute », déplore-t-il.

Pour l’heure, les motivations de l’homme demeurent « confuses », rapporte le procureur de la République de Nantes. Le bénévole, désormais placé en détention provisoire pour « dégradations, détériorations ou destruction du bien d’autrui par incendie », se dit soulagé d’avoir avoué.

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