Police et Justice

Après l’arrestation musclée d’une femme enceinte dans la gare d’Aulnay-sous-Bois, la SNCF s’explique


L’arrestation brutale d’une femme enceinte dans la gare d’Aulnay-sous-Bois a provoqué la colère sur les réseaux sociaux. La SNCF s’est expliquée à travers un communiqué.

Mardi 16 juin, la Sûreté ferroviaire a procédé à l’interpellation d’un couple dans le hall de la gare d’Aulnay-sous-Bois. L’affaire aurait pu s’arrêter là , mais la vidéo de l’arrestation est devenue virale sur les réseaux sociaux.

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L’arrestation controversée d’une femme enceinte

Sur les images, la jeune femme de 23 ans ne s’était pas montrée coopérative. « Tu ne me touches pas ! » avait-elle lancé aux agents de sécurité qui tentaient de la maîtriser. Au moment où deux agents la plaquent au sol pour lui passer les menottes, la jeune femme se met à hurler : « Pas mon ventre ! pas mon ventre ! »

Son compagnon, âgé de 30 ans, riposte pour la protéger et informe alors les responsables qu’elle est enceinte. Ce qui, évidemment, a poussé certains témoins à intervenir. Par crainte que la situation dégénère, les agents de la SNCF ont usé de gaz lacrymogène… Aussi, une fois l’ordre rétabli, les agents ont emmené la voyageuse pour qu’elle soit examinée, tandis que la police a placé le conjoint en garde à vue.

D’après le parquet de Bobigny, le test de grossesse atteste qu’elle porte effectivement un enfant. L’unité médico-judiciaire de l’hôpital Jean-Verdier, à Bondy, devra également l’examiner. Son état de santé déterminera si des jours d’incapacité temporaire de travail (ITT) doivent lui être prescrits.

Et en attendant, la jeune femme a déposé une plainte au commissariat de Sevran pour « violences volontaires aggravées par personne dépositaire de l’autorité publique ». De leur côté, les agents de la sûreté ferroviaire ont également porté plainte pour « outrages et rébellion ».

La SNCF apporte sa version des faits

La scène n’est pas passé inaperçue et a secoué la Toile. De nombreux internautes ont notamment dénoncé la violence infligée à la jeune femme enceinte de 7 mois. D’ailleurs, la polémique a pris une telle ampleur que la SNCF a décidé d’émettre un communiqué.

Dans les grandes lignes, la société ferroviaire y dénonce une « interprétation trompeuse » des faits, car « la vidéo amateure » montrerait « uniquement la fin de l’intervention des agents de la surveillance générale, un moment forcément impressionnant ».

La SNCF de préciser que sans « aucune contextualisation », la vidéo n’apporte aucune explication quant aux motifs de cette arrestation. La jeune femme aurait été « verbalisées à trois reprises, notamment parce qu’elle ne portait pas de masque, qu’elle avait craché et qu’elle voulait prendre le train sans billet ».

De plus, la jeune femme, sommée de quitter les lieux, aurait affiché « un comportement agressif. » Dès lors, « cette injonction de quitter la gare est devenue contraignante. » Et bien qu’elle n’a déclaré sa grossesse qu’au moment de son arrestation, le SAMU a immédiatement prise en charge la prévenue, après son interpellation.

Par ailleurs, le communiqué fait état de « plusieurs morsures et griffures » infligées aux agents de sûreté. Des blessures qui lui ont valu respectivement 5 et 7 jours d’ITT. Enfin, la SNCF a annoncé l’ouverture d’une enquête interne.

Témoignages divergents

Interrogés par Le Parisien à la suite de l’incident, les témoins sont assez mitigés. D’un côté, certains voyageurs soutiennent qu’il y a eu violence excessive de la part des agents de la SNCF. « L’un d’entre eux a même pris la veste de cette dame et l’a jeté de l’autre côté des portiques », raconte une personne, présente au moment de l’arrestation.

De l’autre, le kiosquier de la gare s’étonne que les choses aient pris de telles proportions. « Ces agents, je les connais, ce ne sont pas des violents, ils sont calmes. Il a dû se passer quelque chose avant pour que cela dégénère ! » a-t-il assuré.

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