Tout commence par un message publié sur Facebook. Quelques lignes, une photo, et une accusation : dans une école publique du nord de l’État de New York, des enfants handicapés auraient été enfermés dans des boîtes en bois, présentées comme des espaces de « mise à l’écart ». Parmi eux, un garçon de 8 ans, non verbal et atteint d’autisme.
Sa mère, Rhonda Garrow, n’en revient toujours pas. « Je me suis sentie trahie », confie-t-elle, encore sous le choc. Elle explique avoir découvert l’existence de cette boîte alors qu’elle faisait ses courses de Noël. « J’ai tout laissé tomber. Je suis sortie du magasin et j’ai pleuré dans ma voiture. »
Une « boîte » au cœur de la polémique
Selon les accusations, l’enfant aurait été placé dans une structure en bois, fermée, avec une petite ouverture, rappelant davantage une cage qu’un espace pédagogique. L’objectif ? Le « calmer » lorsqu’il devenait trop agité en classe.
Pour sa mère, les mots sont durs mais assumés. Elle estime que le handicap de son fils a été utilisé contre lui. « Il ne peut pas parler, il ne peut pas se défendre. Alors ils ont trouvé un moyen de le faire taire. »
L’affaire prend rapidement de l’ampleur lorsqu’une ancienne membre du conseil scolaire dénonce publiquement ces pratiques, parlant d’une école transformée en « prison pour enfants ». D’après elle, plusieurs boîtes similaires auraient été utilisées dans l’établissement.
Un choc culturel et historique
Le scandale prend une dimension encore plus sensible lorsque l’on apprend qu’une grande partie des élèves de ce district sont issus de communautés amérindiennes. Pour certains parents et observateurs, impossible de ne pas faire le lien avec un passé douloureux, marqué par des pensionnats où les enfants autochtones étaient maltraités au nom de l’éducation.
Cette résonance historique renforce l’indignation. Sur les réseaux sociaux, les réactions s’enchaînent, entre colère, incompréhension et appels à des sanctions exemplaires.
« Même en temps de guerre, on n’oserait pas »
L’avocat de la famille, fort de près de trente ans de carrière, se dit sidéré. Ancien juriste militaire, il va jusqu’à comparer la situation à des pratiques interdites par les conventions internationales. « Si un supérieur m’avait proposé d’enfermer un prisonnier de guerre dans une telle boîte, j’aurais refusé immédiatement », affirme-t-il.
Pour lui, le caractère artisanal de la structure aggrave encore le malaise. Du simple contreplaqué, assemblé grossièrement, sans cadre médical ni éducatif clair. « On dirait quelque chose fabriqué à la va-vite, sans aucune réflexion sur la dignité humaine », déplore-t-il.
Des excuses jugées insuffisantes
Face à la tempête médiatique, le district scolaire concerné, le Salmon River Central School District, a présenté des excuses publiques et annoncé l’ouverture d’enquêtes internes et externes. Les autorités éducatives de l’État et les forces de l’ordre locales ont été saisies, et le directeur du district a été licencié.
Mais pour la mère de l’enfant, ces mesures arrivent trop tard. « C’est juste un pansement sur une plaie ouverte », lâche-t-elle. Elle a engagé une procédure judiciaire pour obtenir réparation et, surtout, pour s’assurer qu’aucun autre enfant ne subira un tel traitement.
Une affaire qui dépasse un simple établissement
Au-delà de cette école, l’affaire pose une question essentielle : comment les institutions prennent-elles réellement en charge les enfants en situation de handicap ? Entre manque de moyens, formations insuffisantes et méthodes contestables, ce dossier met en lumière des failles profondes.
Pour Rhonda Garrow, le combat ne fait que commencer. « Si je parle aujourd’hui, c’est pour mon fils… et pour tous les autres. » Une phrase simple, mais lourde de sens, qui résonne bien au-delà des murs de cette école.
Sources
New York Post


