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« Qu’ils aillent se faire… » Barbara Lefebvre jugée après ses propos insultants sur les gens du voyage


Un an après des propos tenus en direct sur RMC, Barbara Lefebvre se retrouve devant la justice. Entre indignation, silence en plateau et colère persistante sur les réseaux sociaux, cette affaire soulève une question brûlante : jusqu’où peuvent aller les mots à la télévision ?

Ce mardi 4 février 2026, Barbara Lefebvre a comparu devant la 17ᵉ chambre correctionnelle de Paris. En cause : des propos tenus en avril 2024 sur l’antenne de RMC, lors de l’émission Les Grandes Gueules. À l’époque, le débat portait sur une violente agression en Vendée. La chroniqueuse avait alors élargi son propos à l’ensemble de la communauté des gens du voyage, utilisant des termes jugés offensants et stigmatisants.

Ces paroles, prononcées sans interruption ni réaction immédiate sur le plateau, ont rapidement dépassé le cadre du débat radiophonique. Très vite, elles ont circulé sur les réseaux sociaux, déclenchant une vague d’indignation et de témoignages de personnes se disant profondément blessées.

Des mots jugés « d’une rare violence »

Au fil de la séquence, Barbara Lefebvre évoquait une population qui, selon elle, « n’aurait pas les codes d’une société civilisée », allant jusqu’à suggérer qu’elle devrait « aller se faire soigner ailleurs ». Des déclarations qui, pour de nombreux internautes et associations, dépassent la simple opinion pour entrer dans le champ de l’injure publique.

Face à l’ampleur de la polémique, la chaîne a fini par présenter des excuses quarante-huit heures plus tard. Mais pour beaucoup, le mal était déjà fait. « Ces propos montrent du doigt toute une population », dénonçaient alors plusieurs messages partagés massivement en ligne, pointant l’absence de contradiction en direct.

L’ANGVC partie civile et des réquisitions lourdes

Lors de l’audience, l’Association nationale des gens du voyage catholiques s’est constituée partie civile. Pour l’association, il s’agissait d’envoyer un signal fort : rappeler que les mots diffusés sur une antenne nationale peuvent avoir un impact durable sur des communautés déjà fragilisées.

Le procureur de la République a requis trois mois de prison avec sursis, 2 000 euros d’amende et l’inscription de la condamnation au bulletin n°2 du casier judiciaire. Une sévérité assumée, destinée à souligner la responsabilité particulière des personnalités médiatiques.

Liberté d’expression ou ligne rouge franchie ?

Au cœur des débats, une question revient sans cesse : où s’arrête la liberté d’expression et où commence l’injure publique ? Pour la défense, les propos incriminés s’inscrivaient dans un contexte de débat passionné et relevaient de l’opinion. Pour la partie civile, ils constituent une généralisation abusive et une atteinte directe à la dignité d’un groupe de personnes.

Cette affaire met aussi en lumière le rôle des médias audiovisuels. Le silence du plateau au moment des déclarations interroge sur la responsabilité collective des émissions de débat, souvent friandes de séquences choc.

Un verdict très attendu

La décision du tribunal est attendue pour le 15 avril. Quelle qu’elle soit, elle pourrait faire jurisprudence et rappeler que la parole publique n’est jamais anodine. Pour certains, ce procès symbolise un nécessaire rappel à l’ordre. Pour d’autres, il pose la crainte d’une judiciarisation croissante du débat médiatique.

Une chose est sûre : plus d’un an après les faits, les propos de Barbara Lefebvre continuent de faire réagir. Et cette fois, ce n’est plus l’opinion publique qui tranchera, mais la justice.

Sources

RMC / RMC Story – Séquence de l’émission Les Grandes Gueules (avril 2024)
Audience de la 17ᵉ chambre correctionnelle de Paris – 4 février 2026
Communiqués et prises de position de l’Association nationale des gens du voyage catholiques (ANGVC)
Réquisitions du parquet de Paris, audience publique