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Nantes : une malvoyante en fauteuil roulant se fait voler son portable et cracher dessus


Son agresseur était déjà bien connu des services de police. Il a pu être appréhendé peu après les faits, malgré la présence de plusieurs individus empêchant son interpellation.

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Dans la soirée du 16 juillet 2020, à Nantes (Loire-Atlantique), une femme malvoyante qui se déplaçait en fauteuil roulant a été violemment agressée. Un homme s’est mis en travers de sa route, afin de lui voler son téléphone portable.

Le malfrat a ensuite craché à plusieurs reprises au visage de la victime, avant de prendre la fuite. Il a fini par être interpellé peu après les faits par les agents de la Brigade anti-criminalité (BAC). Une interpellation houleuse, puisqu’une dizaine d’individus hostiles à la police étaient réunis autour du suspect.

L’agresseur fait fondre avec un briquet le cordon retenant le téléphone à la victime

Jeudi 16 juillet, route de Carquefou, près du stade de la Beaujoire à Nantes, une femme de 33 ans a été agressée. Malvoyante et en fauteuil roulant, la victime était en compagnie d’un chien guide. Elle possédait un téléphone portable accroché autour de son cou.

Un individu lui barre soudainement la route et tente de s’emparer de son smartphone. Ne parvenant pas à décrocher l’objet, retenu au cou de la jeune femme par un cordon, l’agresseur se sert d’un briquet pour faire fondre la cordelette.

Le malfrat prend ensuite la fuite avec le téléphone de la victime, tout en lui crachant dessus à plusieurs reprises. Des témoins préviennent la police et la Brigade anti-criminalité (BAC) se lance à la poursuite de l’individu.

Une femme handicapée en fauteuil roulant.
La victime est d’ordinaire accompagnée par une auxiliaire de vie, absente ce jour-là

Lorsque les agents de la BAC le retrouve, l’homme est caché entre deux poubelles. Son interpellation se révèle compliquée, une dizaine d’individus hostiles aux forces de l’ordre tentant de s’interposer.

Les policiers parviennent finalement à interpeller le suspect, puis l’emmènent au poste. Le téléphone portable de la victime est retrouvé, dissimulé sous une poubelle, à proximité de l’endroit où l’agresseur s’était caché.

Farid G., condamné 27 fois, agresse à nouveau une handicapée

Jugé en comparution immédiate devant le tribunal de Nantes le 20 juillet 2020, Farid G. a nié avoir volé le téléphone portable de sa victime. L’homme, âgé de 38 ans, est bien connu des services de justice puisqu’il fait déjà l’objet de 27 condamnations.

Face au tribunal correctionnel de Nantes, le suspect a expliqué avoir « ramassé par terre » le smartphone qui se trouvait « à deux mètres » de la jeune femme. Farid G. n’est toutefois pas parvenu à expliquer pourquoi il a pris la fuite et s’est caché.

« Contrairement à ce qui a pu être dit dans un premier temps, ma cliente n’est pas aveugle : malgré une grosse myopie, qui lui fait porter de grosses lunettes, elle a très bien vu qui l’avait agressée», a assuré l’avocate de la victime.

La jeune femme, d’ordinaire accompagnée par une auxiliaire « en arrêt maladie » au moment des faits, est traumatisée.

« Elle a été vraiment spectatrice de son vol  : déjà qu’elle est enfermée dans son corps, on est venu l’entraver  »,

a souligné son avocate.

L’agresseur, ancien toxicomane, bénéficie de l’Allocation adulte handicapé (AAH)

Farid G., ancien toxicomane, bénéficie tout comme sa victime de l’Allocation adulte handicapé (AAH). Selon Le Parisien, l’homme prend un traitement de substitution à l’héroïne. Pour son avocat, les problèmes psychiatriques de son client ont probablement aboli son discernement au moment de l’agression.

« Le parquet s’est empressé de déférer mon client, sans procéder à une expertise psychiatrique », a ainsi déploré Me Yann Chaumette, avant d’ajouter : « Même si c’est le choix de mon client de ne pas solliciter d’expertise, je pense que sa place est en hôpital psychiatrique. »

Le procureur de Nantes a de son côté dénoncé des « faits odieux ». Lors de son réquisitoire, le magistrat a réclamé une peine de 20 mois de prison ferme.

« Monsieur a vraisemblablement des problèmes psychiatriques, mais il voit très bien de quoi on parle : il conteste les faits, car il sait qu’ils sont très graves »,

a-t-il souligné.

Farid G. a été condamné par le tribunal correctionnel de Nantes à 12 mois de prison ferme avec maintien en détention.

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