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Macron « psychopathe narcissique » : le diagnostic controversé d’un psychiatre italien refait surface


Une vidéo oubliée, un psychiatre italien, des mots d’une rare violence… Des années après la présidentielle de 2017, une analyse psychologique polémique visant Emmanuel Macron refait surface. Simple provocation médiatique ou révélateur d’un malaise plus profond autour du pouvoir et de la personnalité du chef de l’État ? Retour sur une controverse qui n’a jamais vraiment disparu.

Depuis plusieurs mois, le climat politique français est sous tension. Contestations sociales, crise de confiance, popularité en berne : le président de la République semble avancer contre vents et marées, souvent accusé de rester sourd aux colères populaires. Dans ce contexte électrique, une vieille polémique ressurgit sur les réseaux sociaux, réveillant des souvenirs embarrassants.

Au cœur de cette controverse, une analyse psychologique aussi spectaculaire que contestée visant Emmanuel Macron. Une analyse qui n’émane ni d’un opposant politique direct, ni d’un éditorialiste, mais d’un psychiatre italien dont les propos avaient, à l’époque, fait l’effet d’une déflagration médiatique.

« Psychopathe narcissique » : des mots qui avaient choqué

En 2017, en pleine campagne présidentielle française, le psychiatre italien Adriano Segatori publiait une vidéo dans laquelle il dressait un portrait psychologique particulièrement sévère du futur chef de l’État. Sans jamais l’avoir rencontré, il affirmait reconnaître chez Emmanuel Macron les traits d’un « psychopathe narcissique », allant jusqu’à évoquer un individu « particulièrement dangereux ».

Le ton est grave, le vocabulaire radical. Selon lui, le paradoxe du président résiderait dans une apparente normalité masquant un narcissisme profond, décrit comme « malveillant ». Des propos sans fondement clinique direct, mais suffisamment percutants pour être massivement relayés sur les réseaux sociaux, notamment dans certaines sphères politiques très engagées.

Une vidéo virale aux répercussions politiques inattendues

La séquence ne tarde pas à devenir virale. Partagée, commentée, détournée, elle circule abondamment dans les cercles proches de l’extrême droite française. À tel point que, selon plusieurs révélations de presse, cette analyse aurait influencé les stratèges politiques de Marine Le Pen lors de l’entre-deux-tours de la présidentielle.

L’idée était simple : pousser Emmanuel Macron dans ses retranchements lors du débat télévisé, provoquer une réaction émotionnelle, faire émerger ce supposé narcissisme décrit par le psychiatre. Une stratégie fondée sur l’hypothèse que le candidat finirait par perdre son sang-froid sous la pression.

Un pari raté lors du débat décisif

Le soir du débat, le scénario espéré ne se produit pas. Emmanuel Macron affiche un calme maîtrisé, parfois jugé glacial, mais reste précis, structuré et constant dans ses réponses. À l’inverse, Marine Le Pen apparaît plus fébrile, peinant à imposer son rythme et ses attaques.

Pour de nombreux observateurs, ce débat marque un tournant décisif de la campagne. Loin de confirmer l’analyse psychiatrique virale, la prestation du futur président renforce son image de technocrate sûr de lui, voire excessivement contrôlé. La polémique, elle, s’éteint progressivement… du moins en apparence.

Entre fascination, rejet et fantasmes autour du pouvoir

Pourquoi ces propos ressurgissent-ils aujourd’hui ? Sans doute parce qu’ils entrent en résonance avec un sentiment largement partagé d’incompréhension entre le président et une partie de la population. L’idée d’un dirigeant « hors-sol », imperméable aux émotions collectives, nourrit toutes les interprétations, y compris les plus extrêmes.

Reste une évidence : établir un diagnostic psychiatrique à distance, sans examen clinique, n’a aucune valeur médicale. Mais sur le terrain médiatique et politique, ces mots continuent de marquer les esprits. Ils révèlent moins une vérité scientifique qu’une fascination persistante pour la psychologie du pouvoir et la personnalité de ceux qui l’exercent.

Une polémique sans preuve, mais jamais vraiment oubliée

Près de dix ans plus tard, cette analyse controversée demeure un symbole des excès du débat politique contemporain, où la frontière entre critique, provocation et disqualification personnelle devient de plus en plus floue. Emmanuel Macron, lui, n’a jamais réagi publiquement à ces accusations.

Reste une question ouverte : dans une société en quête de responsables et d’explications simples, ces diagnostics spectaculaires ne sont-ils pas avant tout le miroir de nos propres frustrations collectives ?

Sources

Le Canard Enchaîné
Archives médias – campagne présidentielle 2017
Interventions publiques du Dr Adriano Segatori