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« Le dur à cuire » : Donald Trump se moque d’Emmanuel Macron et de ses lunettes à la « Top Gun »


Une moquerie sur des lunettes de soleil, une phrase lâchée avec ironie et, en toile de fond, une rivalité politique bien réelle. À Davos, Donald Trump n’a pas seulement répondu à Emmanuel Macron sur le fond, il l’a aussi attaqué sur le style. Un échange bref, mais lourd de symboles, qui enflamme déjà les coulisses de la diplomatie internationale.

La scène s’est déroulée sous les projecteurs du Forum économique mondial de Davos. Devant un parterre de dirigeants, de chefs d’entreprise et de décideurs internationaux, Donald Trump a pris la parole avec son sens habituel de la formule. Mais cette fois, ce n’est pas seulement la politique européenne qu’il a visée. C’est aussi l’apparence de son homologue français.

Revenant sur l’intervention d’Emmanuel Macron la veille, le président américain a ironisé sur les lunettes de soleil portées par le chef de l’État français. « Je l’ai regardé avec ces belles lunettes… puis je l’ai vu jouer le dur à cuire », a-t-il lancé, provoquant quelques sourires dans la salle, mais aussi un certain malaise.

Derrière l’humour assumé, beaucoup y voient une manière de décrédibiliser son interlocuteur, en le ramenant à une posture presque théâtrale.

Les lunettes de Macron, un détail qui n’en est pas un

Si la remarque a surpris, elle s’appuie sur un élément bien réel. Depuis plusieurs jours, Emmanuel Macron apparaît systématiquement avec des lunettes de soleil. Un choix qui n’a rien d’esthétique ou stratégique, mais qui répond à un souci de santé.

Le président français souffre en effet d’un problème ophtalmique bénin, déjà remarqué lors de ses vœux aux armées sur la base d’Istres, lorsqu’il était apparu avec un œil visiblement injecté de sang. À l’époque, il avait lui-même tenu à rassurer, parlant d’un incident « totalement anodin » et s’excusant du caractère « inesthétique » de la situation.

À Davos, ces lunettes sont donc devenues un accessoire nécessaire. Mais dans la bouche de Donald Trump, elles se transforment en symbole, presque en prétexte à la moquerie.

Un clash qui dépasse largement le style vestimentaire

Cette pique ne tombe pas au hasard. La veille, Emmanuel Macron avait prononcé un discours ferme, dénonçant une concurrence américaine qu’il juge agressive et destinée à affaiblir l’Europe. Il avait appelé à privilégier « le respect » et « l’État de droit » plutôt que la loi du plus fort, visant à demi-mot la diplomatie musclée de Washington.

La réponse de Donald Trump, en s’attaquant à l’apparence plutôt qu’aux arguments, marque un changement de registre. Moins frontal sur le fond, plus personnel sur la forme, le président américain semble vouloir tourner en dérision la posture morale de son homologue.

Pour certains observateurs, cette stratégie n’est pas anodine. Elle permet de détourner l’attention du débat économique et géopolitique, tout en installant un rapport de force plus symbolique, presque psychologique.

Davos, théâtre d’une rivalité assumée

Ce nouvel épisode illustre une fois de plus combien le Forum économique mondial, censé être un lieu d’échanges et de dialogue, peut aussi devenir une scène de confrontations personnelles. À Davos, les mots sont pesés, mais les piques n’en sont pas moins tranchantes.

Entre Emmanuel Macron, défenseur d’une Europe forte et régulée, et Donald Trump, chantre d’une politique plus brutale et transactionnelle, le fossé est profond. Les lunettes de soleil ne sont finalement qu’un détail, mais un détail révélateur d’un affrontement plus large entre deux visions du monde.

Reste à savoir si cette séquence restera une simple anecdote médiatique ou si elle laissera des traces plus durables dans des relations déjà marquées par la méfiance.