L’accueil réservé à N’Golo Kanté à Istanbul devait marquer l’un des temps forts du mercato. Champion du monde 2018, apprécié pour son humilité et son parcours exemplaire, le milieu de terrain français s’apprêtait à ouvrir un nouveau chapitre de sa carrière sous les couleurs du Fenerbahçe.
À l’aéroport Sabiha Gökçen, des milliers de supporters s’étaient rassemblés pour saluer la star, dans une ambiance décrite comme électrique. Chants, écharpes et téléphones levés : tout semblait réuni pour une communion populaire réussie. Jusqu’à ce que certaines images viennent brutalement changer le récit.
Les images qui font basculer la fête en polémique
Au milieu de la foule, deux supporters apparaissent le visage peint en noir. L’un d’eux a même inscrit le nom « Kanté » sur son front. Les photos et vidéos, captées par des smartphones, se propagent à une vitesse fulgurante sur les réseaux sociaux.
Très vite, l’indignation dépasse les frontières turques. Dans de nombreux pays, ce type de maquillage est immédiatement associé au « blackface », une pratique historiquement liée à des représentations racistes. Les réactions sont vives, parfois outrées, et le débat s’enflamme dans le monde du football.
Racisme ou incompréhension culturelle ?
En Turquie, certains défenseurs des supporters mis en cause évoquent un simple geste d’admiration, sans intention malveillante. « Ils voulaient lui ressembler, lui montrer leur amour », peut-on lire dans plusieurs commentaires relayés par la presse locale.
Mais à l’international, cet argument peine à convaincre. Le contexte culturel est jugé insuffisant pour justifier un geste perçu ailleurs comme profondément offensant. Pour de nombreux observateurs, le mal est déjà fait : l’image de Fenerbahçe se retrouve associée à une controverse lourde de sens, à un moment où le club cherchait justement à rayonner sportivement.
Kanté, une recrue majeure éclipsée par le scandale
Âgé de 34 ans, Kanté arrive en Turquie après une expérience en Arabie saoudite avec Al-Ittihad, où il bénéficiait d’un contrat particulièrement lucratif. Passé auparavant par Chelsea, il reste l’un des milieux de terrain les plus respectés de sa génération.
Son transfert à Fenerbahçe est considéré comme l’un des plus importants de la saison en Süper Lig. Ironie du sort, cette réussite sportive est désormais reléguée au second plan, éclipsée par une crise médiatique que le club n’avait pas anticipée.
Un transfert sauvé de justesse, une image fragilisée
L’arrivée de Kanté avait pourtant failli ne jamais aboutir. Des complications administratives avec Al-Ittihad avaient retardé l’opération, au point de faire craindre un échec du dossier. La situation s’est finalement débloquée après une intervention politique de haut niveau, le club remerciant publiquement le président turc Recep Tayyip Erdoğan.
Mais cette issue positive est aujourd’hui ternie. L’épisode du « blackface » place Fenerbahçe dans une position délicate, obligé de gérer une tempête médiatique internationale alors que le club souhaitait avant tout se concentrer sur le terrain.
Le football moderne face à ses propres contradictions
Cet incident rappelle une réalité de plus en plus visible : à l’ère des réseaux sociaux, chaque image peut devenir un symbole, chaque geste un sujet de controverse mondiale. Les supporters, longtemps considérés comme de simples acteurs de l’ambiance, jouent désormais un rôle central dans l’image des clubs.
Alors que Kanté s’apprête à disputer ses premières minutes sous ses nouvelles couleurs, une question demeure : ce faux pas marquera-t-il durablement l’image de Fenerbahçe, ou sera-t-il relégué au rang de polémique éphémère ? Une chose est sûre, le football ne se joue plus seulement sur la pelouse.
Sources
ZNews
Presse sportive internationale
Images et vidéos relayées sur les réseaux sociaux (X, Instagram)


