Invité sur la chaîne de Sam Zirah, l’influenceur Yohan Perani s’est confié sans filtre. Face caméra, il reconnaît avoir refait ses lèvres plus de treize fois. « Oui, c’est énorme », lâche-t-il, presque lucide.
Au départ, il parle d’un simple désir d’embellir. Un millilitre d’acide hyaluronique, puis un autre. « Ça dégonfle et tu recommences », explique-t-il. Très vite, le geste devient automatique. Deux semaines suffisent pour retourner en cabinet. Le volume augmente, le miroir change, mais l’envie ne disparaît jamais vraiment.
Il décrit un engrenage. Une spirale où l’on cherche toujours plus, où la frontière entre correction esthétique et dépendance devient floue.
Le silicone injecté à Dubaï : la révélation choc
C’est à Dubaï que tout bascule. En quête d’un résultat plus durable, il subit de nouvelles injections. Selon son récit, il découvre plus tard qu’il ne s’agissait pas d’acide hyaluronique, mais de silicone. Un produit formellement interdit en France à des fins esthétiques depuis les années 2000.
De retour dans l’Hexagone, il tente de dissoudre la matière. Les traitements classiques restent sans effet. Les examens d’imagerie tombent comme un couperet : « Vous avez du silicone. »
Le verdict médical est sans appel. Impossible de le faire disparaître autrement que par une intervention chirurgicale. Une opération délicate, réalisée par l’intérieur des lèvres, avec incision et cicatrice à la clé. Loin de l’image glamour des injections rapides, la réalité est brutale.
Une opération à 2 300 euros… prise en charge
Le montant annoncé avoisine les 2 300 euros. Mais ce qui fait bondir les réseaux sociaux, ce n’est pas le prix. C’est le remboursement.
Yohan Perani affirme que son intervention sera prise en charge par l’Assurance maladie. « Je ne vais pas cracher dessus », assume-t-il. Pour lui, la décision ne lui appartient pas : si le dossier est accepté, il en bénéficie.
En France, les injections à visée purement esthétique ne sont pas remboursées. En revanche, lorsqu’il s’agit de traiter une complication médicale ou de retirer un produit interdit pouvant présenter un risque pour la santé, l’acte peut être requalifié en chirurgie réparatrice. C’est dans ce cadre précis que l’opération aurait été acceptée.
Cette nuance juridique alimente pourtant la polémique. Certains internautes dénoncent un « privilège », d’autres rappellent que la Sécurité sociale couvre les soins nécessaires lorsque la santé est menacée, indépendamment de l’origine du problème.
“Sans lèvres, je me déteste” : l’aveu fragile
Au-delà de la controverse financière, ce sont les mots de l’influenceur qui marquent. « Sans lèvres, je me déteste », confie-t-il. Une phrase qui révèle une détresse plus intime.
Habitué à exposer ses transformations esthétiques, il reconnaît cette fois une peur profonde : celle de ne plus se reconnaître. Il prévoit d’ailleurs de disparaître temporairement des réseaux le temps de cicatriser.
Son témoignage met en lumière une réalité rarement montrée : derrière les filtres et les selfies, la médecine esthétique peut laisser des traces physiques et psychologiques durables.
Un débat plus large sur la médecine esthétique
L’histoire dépasse le simple cas individuel. Elle pose une question de société : où commence la responsabilité personnelle et où s’arrête celle du système de santé ?
La France interdit l’usage du silicone injectable à des fins esthétiques depuis plus de vingt ans. Pourtant, le tourisme médical reste une réalité. De nombreux patients partent à l’étranger pour contourner les réglementations plus strictes.
Lorsque les complications surviennent, les soins sont réalisés sur le territoire national. Et dans certains cas, pris en charge. Non pour embellir, mais pour réparer.
Entre fascination pour les transformations spectaculaires et indignation face au remboursement, l’affaire Yohan Perani cristallise toutes les tensions autour de l’image, de la pression esthétique et de l’argent public.
Derrière le buzz, une question demeure : jusqu’où peut-on aller pour correspondre à l’image que l’on veut renvoyer ?
Sources
Interview vidéo de Sam Zirah diffusée sur ses réseaux sociaux.
Code de la Sécurité sociale – dispositions relatives à la prise en charge des actes de chirurgie réparatrice.
Assurance Maladie (ameli.fr) – Remboursement des actes de chirurgie réparatrice et complications médicales.


