Acheter une maison atypique, la rénover avec soin et s’y projeter pour les années à venir. C’est ce que Laurence M., 63 ans, croyait avoir accompli en faisant l’acquisition d’une ancienne gare désaffectée dans l’Ain. À l’époque, le bien a tout pour séduire : du cachet, un vaste jardin et la promesse d’une vie calme, loin de l’agitation urbaine.
Lors de la vente, la mairie lui indique qu’une petite partie du terrain qu’elle utilise ne lui appartient pas entièrement. Il s’agirait, selon les explications reçues, d’un simple chemin rural, étroit et sans véritable impact. Laurence M. n’imagine alors pas que ce détail administratif va bouleverser toute sa vie.
Une découverte aux lourdes conséquences
Plusieurs années après son installation, la réalité la rattrape. La parcelle en question, initialement propriété de la SNCF, a été revendue à la région. Et contrairement à ce que la propriétaire pensait, il ne s’agit pas d’une bande de terrain insignifiante : elle mesure près de cinq mètres de large.
Pire encore, ce terrain est destiné à accueillir une ligne de bus à haut niveau de service. Concrètement, cela signifie la disparition d’une partie du jardin, la destruction de la piscine construite à grands frais et la perspective de voir passer des bus à quelques mètres des fenêtres. D’une maison pleine de charme, il ne resterait bientôt qu’un logement exposé à une infrastructure de transport.
« On m’a dit que la maison était invendable »
Face à cette situation, Laurence M. tente de vendre. Mais le verdict est sans appel. « L’agent immobilier que j’ai fait venir m’a dit que la propriété était invendable », confie-t-elle, désemparée. L’investissement de 372 000 euros, consacré à l’achat et à la rénovation, semble aujourd’hui réduit à néant.
Sous antidépresseurs, la retraitée a même dû envisager de reprendre une activité professionnelle pour faire face aux frais d’avocats. Une épreuve d’autant plus difficile qu’elle pensait avoir tourné la page du travail pour profiter enfin d’un peu de sérénité.
Un combat contre une machine administrative
Laurence M. espère désormais obtenir une indemnisation à la hauteur du préjudice subi. Pour elle, il ne s’agit pas seulement d’une perte financière, mais d’un véritable choc émotionnel. « Je craque », lâche-t-elle, résumant en deux mots l’impact de cette affaire sur son quotidien.
L’enquête publique liée au projet de ligne de bus vient tout juste de débuter. Elle représente peut-être la dernière chance pour la sexagénaire de faire entendre sa voix et d’alerter sur une situation qu’elle juge profondément injuste. Son histoire soulève une question essentielle : comment un particulier peut-il se protéger face à des décisions publiques qui transforment un rêve immobilier en cauchemar ?
Sources
France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, reportage du 26 janvier 2026
Femme Actuelle – rubrique Insolite, janvier 2026


