À 26 ans, cette habitante de Bourgoin-Jallieu ne s’attendait pas à vivre une telle scène. La maison qu’elle a héritée de son père, décédé il y a dix ans, était censée être inoccupée. Le 24 mars dernier, lorsqu’elle décide de s’y rendre, elle remarque immédiatement que quelque chose ne va pas.
La porte d’entrée a été fracturée. La serrure ne correspond plus à celle qu’elle connaissait. Accompagnée des forces de l’ordre, elle entre finalement dans le logement. Ce qu’elle découvre dépasse l’entendement.
À l’intérieur, la maison n’a rien d’abandonné. Une cuisine équipée trône au rez-de-chaussée. Un canapé fait face à une télévision branchée. Une box internet clignote. À l’étage, des matelas sont installés dans les chambres, et des travaux de peinture sont en cours. La maison, autrefois vide et délabrée, est devenue un espace de vie presque confortable.
Des travaux réalisés en toute illégalité
Les occupants ne se sont pas contentés de s’installer. Ils ont entrepris des aménagements pour rendre les lieux habitables. Selon les premiers éléments, l’électricité aurait même été installée.
Lorsque deux hommes en tenue de chantier pénètrent à leur tour dans la maison, la situation bascule. L’un d’eux, visé par une obligation de quitter le territoire français (OQTF), est interpellé.
Devant le tribunal judiciaire, il assume sa présence. « J’ai eu l’autorisation. Je suis en vacances. J’avais prévu de partir après le Ramadan. La maison était délabrée, la porte ouverte », explique-t-il à la barre. Des propos qui laissent la propriétaire sans voix.
Le représentant du ministère public se montre sévère : « Il ne respecte rien : ni son OQTF, ni les biens d’autrui. » L’homme sera finalement condamné à une amende de 1 000 euros avec sursis pour occupation illégale, ainsi qu’à quatre mois de sursis pour tentative d’évasion après avoir essayé de fuir sa garde à vue.
Une loi renforcée, mais un débat toujours brûlant
Depuis la promulgation de la loi dite “anti-squat” le 27 juillet 2023, les procédures d’expulsion ont été facilitées. D’après les chiffres relayés par Le Parisien, le nombre d’expulsions aurait plus que triplé en France.
Pourtant, malgré ce durcissement législatif, certaines situations continuent d’alimenter la polémique. Les propriétaires se disent plus informés et mieux protégés, mais les occupations illégales persistent.
Cette affaire n’est pas isolée. L’an dernier déjà, un couple de retraités avait découvert que sa maison en travaux était occupée. Les squatteurs avaient fait installer l’électricité et envisageaient même de louer une partie du bien.
À Bourgoin-Jallieu comme ailleurs, ces histoires créent une onde de choc. Entre incompréhension, colère et débat politique, la question du squat reste explosive.
Entre indignation et incompréhension
Pour la jeune propriétaire, le choc est avant tout personnel. Derrière les débats juridiques, il y a l’histoire d’un héritage familial, d’un lieu chargé de souvenirs, soudain transformé sans son accord.
De son côté, le squatteur invoque la méconnaissance des règles et la précarité. Mais face à la justice, ces arguments n’ont pas pesé lourd.
Cette confrontation brutale rappelle une réalité complexe : celle d’un pays où le droit de propriété et les situations sociales précaires s’entrechoquent parfois avec fracas.
Sources
Le Parisien
Le Midi Libre


