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Il récupère sa monnaie à la machine à café… deux semaines plus tard, il est viré : une sanction hallucinante !


À Brescia, un employé expérimenté a vu son contrat s’arrêter net pour avoir récupéré sa monnaie dans une machine à café. Une décision radicale pour une somme dérisoire. Derrière cette affaire, un débat brûlant sur la proportion des sanctions au travail.

Tout commence en juin 2024, dans une entreprise de Brescia, au nord de l’Italie. Après quatorze années passées dans la même société, un salarié s’accorde une pause café, comme tant d’autres avant lui. Il insère ses pièces dans le distributeur automatique. La boisson tombe, mais pas la monnaie. Il manque 1,60 €.

Sur le moment, il ne dramatise pas. « Je pensais que la machine avait simplement un problème », confiera-t-il plus tard à la presse italienne. Il décide d’attendre le passage du technicien, prévu le lendemain, pour récupérer la somme restée coincée.

Un geste banal, presque anodin. Pourtant, c’est ce détail qui va faire basculer son quotidien.

Un collègue, un signalement… et la machine s’emballe

Le lendemain, en présence du technicien chargé de la maintenance, le salarié récupère les 1,60 €. La scène n’a rien de clandestin. Mais un collègue assiste à l’échange et s’interroge. A-t-il le droit de toucher à l’argent du distributeur ? Y avait-il une autorisation formelle ?

Dans cette entreprise, une règle interne interdit aux employés de manipuler l’argent de la machine sans validation spécifique. Le collègue alerte les ressources humaines. L’affaire remonte rapidement dans la hiérarchie.

Conscient du malaise, le salarié restitue aussitôt les pièces à l’entreprise pour éviter tout malentendu. Il pense alors l’incident clos. Deux semaines plus tard, il reçoit une lettre recommandée. Le choc est brutal : il est licencié.

Une accusation lourde pour une somme dérisoire

Dans le courrier, l’employeur évoque un « détournement » d’argent. Il est reproché au salarié d’avoir « profité de la distraction de l’opérateur » pour récupérer une partie des recettes du distributeur, selon des éléments rapportés par le quotidien italien Corriere della Sera.

Le terme surprend. Détournement pour 1,60 € ? Pour un employé sans antécédent disciplinaire en quatorze ans de carrière ?

Pour l’entreprise, il s’agit d’une violation des règles internes. Pour le salarié, c’est une sanction incompréhensible, disproportionnée, presque humiliante. « Je n’ai jamais voulu nuire à mon entreprise », aurait-il expliqué devant les juges.

La justice tranche : un licenciement jugé abusif

L’affaire est portée devant le tribunal de Brescia. Les magistrats examinent les faits. Ils constatent que la somme a été restituée. Ils relèvent également qu’aucun préjudice financier réel n’a été subi par la société.

Dans leur décision, les juges estiment que la sanction est « objectivement disproportionnée » par rapport au comportement du salarié. Le licenciement est qualifié d’abusif.

La condamnation est lourde pour l’employeur : l’entreprise doit verser une indemnité équivalente à 18 mois de salaire à son ancien collaborateur. Une facture bien plus salée que les 1,60 € à l’origine du conflit.

Une affaire qui dépasse le simple café

Au-delà de l’anecdote, cette histoire interroge. Où commence la faute grave ? Jusqu’où peut aller la rigueur des règlements internes ? Et surtout, comment mesurer la proportion entre un geste et sa sanction ?

Dans de nombreux bureaux, la machine à café est un lieu de détente, presque un symbole du quotidien professionnel. À Brescia, elle est devenue le point de départ d’un débat national sur l’équilibre entre discipline et bon sens.

Pour beaucoup de salariés, cette décision de justice sonne comme un rappel : les règles existent, mais elles doivent s’appliquer avec mesure. Dans cette usine lombarde, une simple pièce de monnaie aura suffi à ouvrir une réflexion plus large sur la confiance, la loyauté et la justice au travail.

Sources :
Corriere della Sera
Décision du tribunal de Brescia (juin 2024)