Actualités

En arrêt maladie depuis 15 ans, il attaque son employeur pour augmenter son salaire


Payé chaque mois malgré un arrêt maladie de très longue durée, ce salarié estimait pourtant que son salaire n’avait pas suivi l’inflation. Sa plainte contre son employeur a déclenché une vive polémique. Récit d’une affaire aussi déroutante que révélatrice des tensions autour du travail, de la maladie et de l’argent.

L’histoire a de quoi surprendre. Depuis plus de quinze ans, un employé britannique est officiellement en arrêt maladie, sans jamais avoir repris son poste. Pourtant, chaque mois, son salaire continue de tomber. Grâce à un dispositif interne de protection sociale, cet homme perçoit environ 75 % de sa rémunération habituelle, une situation rare qui, pour beaucoup, relève presque du privilège.

L’employeur en question n’est autre que IBM, un géant mondial de l’informatique, connu pour ses politiques sociales structurées. À première vue, l’entreprise semble avoir respecté ses engagements. Mais pour Ian Clifford, quinquagénaire atteint d’une grave maladie, cela ne suffisait plus.

« Mon salaire n’a pas suivi l’inflation »

Tout bascule lorsque l’employé décide de saisir la justice. Son argument est simple, presque implacable à ses yeux. Depuis son arrêt maladie, son salaire est resté figé, alors que le coût de la vie, lui, n’a cessé d’augmenter. Résultat : son pouvoir d’achat aurait fondu au fil des années.

Atteint d’une leucémie à un stade avancé, diagnostiquée en 2012, Ian Clifford explique ne pas se projeter au-delà de l’âge de la retraite. « Il est hautement improbable que je vive après 65 ans », a-t-il fait valoir, affirmant vouloir avant tout sécuriser l’avenir de son fils. Pour lui, l’absence de revalorisation salariale constitue une forme de discrimination liée à son handicap.

Un salaire confortable, mais un sentiment d’injustice

Les chiffres donnent pourtant le vertige. Chaque année, l’homme perçoit environ 54 000 livres, soit plus de 60 000 euros, l’équivalent de plus de 5 000 euros par mois. À terme, jusqu’à son départ à la retraite, le montant total approcherait les 1,7 million d’euros.

Une somme qui choque une partie de l’opinion. Sur les réseaux sociaux et dans les commentaires, beaucoup s’interrogent. Comment peut-on se sentir lésé dans une telle situation ? D’autres, en revanche, appellent à la prudence, rappelant que la maladie de longue durée bouleverse une vie entière et que la sécurité financière devient alors une question vitale.

La justice tranche, sans ambiguïté

Saisie de l’affaire, la justice britannique n’a pas tardé à rendre son verdict. Le tribunal du travail de Reading a rejeté la plainte, estimant que le salarié bénéficiait déjà d’un « avantage très substantiel ». Selon le juge, le maintien d’une large part du salaire pendant quinze ans constitue un traitement particulièrement favorable, difficilement contestable sur le plan juridique.

L’entreprise, de son côté, a vu sa position confortée. Malgré la procédure engagée contre elle, IBM continue d’honorer ses engagements financiers envers son employé, sans remise en cause du dispositif existant.

Une affaire qui divise l’opinion

Au-delà du verdict, cette histoire soulève une question sensible. Jusqu’où une entreprise doit-elle aller pour accompagner un salarié malade ? Et à partir de quand le soutien devient-il, aux yeux de certains, un abus ?

Entre compassion, incompréhension et colère, l’affaire Ian Clifford agit comme un révélateur. Elle met en lumière les tensions croissantes autour du travail, de la solidarité et du rapport à l’argent, dans une société où chaque euro compte un peu plus.

Sources

Daily Mail
Tribunal du travail de Reading (Royaume-Uni)