L’affaire se déroule dans le nord du Pays de Galles, au Royaume-Uni. Ce qui aurait pu rester une dispute sentimentale privée s’est transformé en cas d’école judiciaire.
Rhiannon Evans, 25 ans, a envoyé à plusieurs reprises des vidéos très explicites à l’ancienne compagne de son partenaire. Sur ces séquences, elle se filmait en train d’émettre des flatulences, caméra braquée sur ses fesses, avant de transmettre le tout via WhatsApp. Les envois auraient été particulièrement fréquents pendant la période de Noël.
Face aux magistrats de Caernarfon, la procureure Diane Williams a détaillé la nature des vidéos, expliquant que la prévenue « procédait à l’émission de gaz en plaçant la caméra sur ses fesses ». Une description crue qui a rapidement attiré l’attention des médias britanniques.
“Bombardée” de vidéos
La destinataire, Deborah Prytherch, ex-compagne du partenaire d’Evans, affirme avoir été « bombardée » de vidéos. Elle a expliqué devant la justice qu’elle ne se sentait plus en sécurité chez elle et que cette situation lui avait provoqué une véritable anxiété.
Ce que certains pourraient considérer comme une blague potache s’est ainsi transformé en affaire de harcèlement. La répétition des envois, leur caractère intrusif et la volonté affichée de cibler une personne précise ont pesé lourd dans la balance.
De son côté, Rhiannon Evans n’a pas nié les faits. Elle a reconnu avoir envoyé les vidéos, affirmant qu’elle voulait défendre son compagnon qu’elle estimait « traité injustement ». Elle a même suggéré que la plaignante n’avait qu’à la bloquer sur l’application si elle ne souhaitait plus recevoir les contenus.
Une condamnation bien réelle
La jeune femme a finalement plaidé coupable. Elle a été condamnée à effectuer des travaux d’intérêt général et devra suivre 15 séances de traitement liées à une dépendance à l’alcool. La justice lui impose également 60 jours d’abstinence, ainsi que deux ans de probation.
À cela s’ajoutent des dommages et frais de justice représentant plusieurs centaines de dollars.
À la sortie du tribunal, Evans s’est dite surprise par l’ampleur des conséquences. « Je n’aurais jamais pensé que péter m’amènerait au tribunal. Je pense que la sentence est un peu excessive », a-t-elle confié aux médias britanniques, ajoutant avoir appris « sa leçon ».
Quand le buzz rencontre le droit
Cette affaire soulève une question plus large : à l’ère des messageries instantanées et des réseaux sociaux, où commence le harcèlement ? L’argument de la “blague” ne suffit plus lorsque les envois sont répétés et non sollicités.
Ce dossier, aussi insolite soit-il, rappelle que les contenus numériques, même jugés ridicules ou provocants, peuvent constituer une infraction pénale lorsqu’ils visent à intimider ou perturber une personne.
Derrière l’aspect presque comique des “cyber-flatulences”, la justice britannique a voulu envoyer un message clair : le harcèlement, même sous une forme absurde, reste du harcèlement.
Sources : The Sun ; déclarations rapportées par les médias britanniques ; audience du tribunal de Caernarfon (Pays de Galles).


