Dans un petit village de Haute-Garonne, Benjamin Brenac n’imaginait pas que son engagement bénévole lui coûterait si cher. Depuis plus de deux ans, cet habitant vit avec une hernie discale et une sciatique qui l’obligent à se déplacer avec des béquilles.
Coincé chez lui, loin de toute activité, il décide malgré tout de garder un lien social. « Ça me changeait les idées », confie-t-il. En tant que président du comité des fêtes, il participe à quelques tâches administratives et aide ponctuellement lors d’événements locaux.
Mais derrière ce besoin de rester actif se cachait une règle qu’il ignorait… et qui va tout bouleverser.
Une facture de 5 500 euros qui tombe comme un choc
Tout bascule lorsqu’il reçoit un courrier officiel. La Sécurité sociale lui réclame le remboursement de 5 500 euros d’indemnités journalières.
La raison ? Avoir exercé une activité, même bénévole, pendant son arrêt maladie.
Dans le détail, certaines situations paraissent incompréhensibles à ses yeux. Pour une fête locale, il se voit réclamer plusieurs semaines d’indemnités. Pour une simple réunion de deux heures, la sanction grimpe encore.
« Je ne vois pas ce que j’ai fait de mal », réagit-il, encore sous le choc. Pour lui, il ne s’agissait que d’aider son village, sans jamais dépasser ses capacités physiques.
Le principe du repos, une règle stricte
Du côté de la Sécurité sociale, la position est claire. Lorsqu’un assuré est en arrêt maladie, il doit respecter un principe fondamental : le repos.
Autrement dit, toute activité, qu’elle soit rémunérée ou non, est en principe interdite. L’objectif est simple : favoriser la guérison et éviter toute situation qui pourrait retarder le rétablissement.
Une exception existe toutefois. Le médecin peut autoriser certaines activités si elles sont jugées bénéfiques pour la santé du patient. Mais cette autorisation doit être explicitement mentionnée sur l’arrêt de travail.
Dans le cas de Benjamin Brenac, cette mention n’apparaissait pas.
Entre incompréhension et sentiment d’injustice
Pour l’homme, cette décision reste difficile à accepter. Il insiste sur sa bonne foi et sur le fait qu’il n’a jamais cherché à frauder.
« Deux ans d’arrêt maladie, c’est long… rester chez soi sans rien faire, c’est compliqué », explique-t-il, décrivant un quotidien pesant, marqué par l’isolement.
Son engagement bénévole était, selon lui, une manière de garder un équilibre mental. Une échappatoire plus qu’une activité.
Aujourd’hui, il envisage de contester la décision devant la justice.
Une affaire qui relance le débat
Au-delà de son cas personnel, cette histoire soulève une question plus large : faut-il interdire toute forme d’activité pendant un arrêt maladie, même bénévole ?
Pour certains, la loi est nécessaire pour éviter les abus. Pour d’autres, elle manque de nuance et peut conduire à des situations jugées absurdes.
Entre respect des règles et réalité humaine, la frontière semble parfois floue.
Et cette affaire, loin d’être isolée, pourrait bien alimenter encore longtemps le débat.
Sources
France 3 Occitanie
Code de la Sécurité sociale
CPAM Haute-Garonne


