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Après les portables, les mots “wesh” et “wallah” bientôt interdits à l’école ?


Sur TikTok, une vidéo virale affirme qu’une nouvelle loi interdirait aux élèves d’utiliser des mots comme « wesh » ou « wallah » à l’école, sous peine d’une amende de 135 €. Une information choc… mais totalement fausse. Voici ce qu’il en est réellement.

Depuis quelques jours, une vidéo relayée sur TikTok a fait le buzz. On y entend une voix robotisée annoncer :

« Attention, la loi vient d’être votée ce matin à l’Assemblée nationale. Les mots “wesh”, “téma” et “wallah” seront interdits dès la rentrée, sous peine d’une amende de 135 euros. »

La mise en scène est soignée : images de l’Assemblée nationale, extraits d’Emmanuel Macron, enfants en salle de classe… De quoi convaincre des millions d’internautes. Résultat : plus de deux millions de vues en seulement quelques jours.

Une prétendue loi pour « restaurer un langage correct »

Dans cette vidéo, on explique qu’une circulaire du ministère de l’Éducation nationale aurait validé une mesure visant à bannir certains mots familiers ou issus de dialectes non académiques.
La justification serait simple :

  • « Restaurer un usage correct et respectueux de la langue française » ;

  • « Promouvoir un langage neutre dans le cadre scolaire ».

Les termes pointés du doigt seraient « wesh », « wallah », « zarma », « gros », « lamif », « yaher » ou encore « téma ».

Une information qui repose sur de fausses citations

Pour rendre l’annonce crédible, la vidéo cite même un inspecteur général de l’Éducation nationale, affirmant :

« Nous avons constaté une explosion des expressions familières dans les cours de récréation, les couloirs et même en classe. »

Problème : aucune trace de cette déclaration dans la presse, ni dans les communiqués officiels. Aucune preuve non plus d’une circulaire publiée par le ministère. Tout semble avoir été inventé de toutes pièces.

Une fake news facile à démentir

En réalité, il suffit de vérifier le Journal officiel pour se rendre compte que rien n’a été voté en ce sens. Aucune loi, aucun décret, aucune circulaire ne mentionne une interdiction des mots « wesh » ou « wallah » dans les écoles.

Sur le plan juridique, une telle mesure serait d’ailleurs impossible :

  • Les élèves relèvent du règlement intérieur de leur établissement ;

  • En cas de comportement jugé inapproprié, ils peuvent être convoqués devant un conseil de discipline ;

  • Mais ni un professeur ni un proviseur n’ont le pouvoir d’infliger une amende financière.

Entre humour et indignation dans les commentaires

Sous la vidéo, les internautes se sont divisés. Certains applaudissent : « Enfin une loi intelligente ! ». D’autres dénoncent une atteinte à la liberté d’expression : « Macron oublie la liberté d’expression, un principe fondamental de la République ».

Une fois encore, cette polémique rappelle l’importance de vérifier ses sources.

L’idée d’interdire certains mots de la cour d’école peut sembler crédible au premier regard, mais il s’agit bien d’une intox virale.
👉 Avant de croire ce type d’annonce, il est conseillé de consulter directement les sources officielles : site de l’Assemblée nationale ou Journal officiel.