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Alcool caché dans les galettes des rois Lidl ? Un client musulman se dit “trahi”, l’enseigne répond


Une simple galette des rois a suffi à mettre le feu aux réseaux sociaux. En pleine période de l’Épiphanie, la vidéo d’un client musulman affirmant avoir découvert de l’alcool dans une galette Lidl a déclenché une vague d’indignation. Entre sentiment de trahison, débat sur le halal et réponse ferme de l’enseigne, cette affaire soulève une question sensible : les consommateurs sont-ils vraiment assez informés sur ce qu’ils achètent ?

Tout commence par une courte vidéo. Face caméra, un client musulman explique sa surprise après avoir lu la liste des ingrédients d’une galette des rois achetée chez Lidl. Il y découvre la mention de rhum. Visiblement choqué, il s’adresse directement à sa communauté et lance un avertissement clair : selon lui, ce produit n’est pas compatible avec une consommation halal.

Très vite, la séquence est partagée des milliers de fois. Les commentaires affluent, oscillant entre colère, incompréhension et soutien. Certains internautes dénoncent une tromperie, d’autres rappellent qu’il suffit de lire les étiquettes. Mais pour beaucoup, le malaise est réel : comment un produit aussi banal peut-il provoquer un tel sentiment de duperie ?

Le sentiment d’avoir été “trompé”

Dans son message, le client insiste sur un point précis : il ne s’attendait pas à trouver de l’alcool dans une galette de supermarché, perçue comme un produit familial, accessible et sans surprise. “Je me suis senti trompé”, résume-t-il, reprenant les mots de nombreux internautes qui se reconnaissent dans son témoignage.

La polémique prend encore de l’ampleur lorsqu’un employé de magasin évoque une pratique interne troublante. Selon lui, les emballages d’origine des galettes auraient été retirés pour être remplacés par des sachets de pain plus neutres. Une affirmation qui, vraie ou non, alimente la suspicion et renforce l’idée d’un manque de transparence.

Lidl se défend et assume la recette

Face à l’emballement médiatique, Lidl décide de répondre. L’enseigne balaie toute accusation de tromperie et invoque des obligations légales. Sa porte-parole explique que les galettes vendues en Belgique sont identiques à celles commercialisées en France, mais que les emballages doivent être adaptés au marché local.

Selon Lidl, les packagings fournis par le fabricant ne peuvent pas être utilisés tels quels dans certains pays pour des raisons réglementaires. L’enseigne assure également que la liste complète des ingrédients est accessible, que ce soit en magasin, via un QR code, ou sur son site officiel. Elle reconnaît enfin la présence de rhum dans la recette, tout en précisant que la quantité ajoutée reste très faible.

Alcool, halal et zones grises réglementaires

Cette affaire met en lumière une réalité souvent méconnue. Dans les produits de boulangerie et de pâtisserie, une faible quantité d’alcool peut apparaître naturellement à cause de la fermentation. Dans ce cas précis, il ne s’agit toutefois pas d’un simple résidu, mais bien d’un ingrédient ajouté volontairement, ce qui impose une mention explicite sur la liste des composants.

Pour les consommateurs suivant un régime halal, la question est particulièrement sensible. L’absence de logo halal, la présence de termes comme “rhum” ou “alcool”, ou encore le changement d’emballage peuvent semer le doute. Cette polémique rappelle à quel point la vigilance reste essentielle, surtout lorsque les produits sont perçus comme “classiques” ou “sans risque”.

Une galette, un débat de société

Au-delà du cas Lidl, cette controverse dépasse largement le cadre d’une simple pâtisserie. Elle révèle un fossé entre les attentes de certains consommateurs et la réalité des pratiques industrielles. Elle pose aussi une question centrale : jusqu’où va la responsabilité des enseignes dans l’information du public ?

Sur les réseaux, le débat reste ouvert. Certains estiment que l’enseigne a respecté la loi et que la responsabilité revient au client. D’autres considèrent qu’une meilleure lisibilité des ingrédients aurait permis d’éviter cette colère. Une chose est sûre : cette galette des rois n’a jamais autant fait parler d’elle.