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135 € d’amende si vous ne passez pas la tondeuse dans votre jardin avant cette date limite


À chaque printemps, la même scène se répète. L’herbe monte, les voisins s’interrogent, et la tondeuse ressort du garage. Mais en 2026, derrière ce geste banal se cache une obligation bien plus sérieuse. Dans des milliers de communes françaises, ne pas débroussailler son terrain à temps peut entraîner une amende salée… et bien davantage. Voici ce que vous devez absolument savoir avant la date limite.

“Je croyais que tondre, c’était une question d’esthétique.” Comme beaucoup de propriétaires, Julien, installé en lisière de forêt, pensait que l’entretien de son jardin relevait uniquement du confort et du regard des voisins. Il a découvert trop tard qu’il existait une différence fondamentale entre tondre sa pelouse et débroussailler légalement son terrain.

En France, aucune loi nationale n’impose de tondre son gazon. La tonte reste libre. Toutefois, des arrêtés municipaux ou préfectoraux peuvent encadrer les horaires pour limiter le bruit ou préserver la biodiversité. Dans ce cas, une contravention de 38 à 135 euros peut tomber. Mais il ne s’agit alors que de règles de voisinage.

La situation change radicalement lorsqu’il est question de prévention des incendies.

Le débroussaillement, une obligation souvent méconnue

Le Code forestier prévoit une obligation légale de débroussaillement pour les habitations situées dans des zones exposées aux feux de forêt. Concrètement, si votre maison se trouve dans ou à moins de 200 mètres d’un bois, d’une forêt, d’une garrigue ou d’un maquis, vous pouvez être concerné.

L’objectif est simple : limiter la propagation des flammes en supprimant herbes sèches, broussailles et bois morts autour des habitations. Il ne s’agit pas seulement de couper court, mais de casser la continuité du “combustible” végétal. Les arbres doivent parfois être espacés de plusieurs mètres et les abords dégagés sur un rayon d’au moins 50 mètres, voire 100 mètres selon les arrêtés préfectoraux.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon les autorités, la majorité des maisons détruites lors des grands incendies étaient situées sur des parcelles insuffisamment débroussaillées.

48 départements concernés en 2026

Contrairement aux idées reçues, cette règle ne concerne pas uniquement le sud de la France. En 2026, 48 départements et environ 7 400 communes sont soumis à cette obligation.

La date limite est généralement fixée avant le 1er juin, qui marque le début officiel de la saison des feux. Les gros travaux sont recommandés en automne ou en hiver, mais les finitions doivent être terminées au printemps.

Même des régions réputées plus humides, comme certaines zones de Bretagne ou du Centre, peuvent être concernées si elles sont classées à risque ou situées à proximité d’un massif forestier.

Après la date limite, la facture peut grimper très vite

“Je pensais que c’était symbolique”, confie une propriétaire du Var après un contrôle municipal. En réalité, la sanction peut être lourde.

En cas de non-respect de l’obligation de débroussaillement, une amende forfaitaire de 135 euros peut être appliquée. Dans certaines zones particulièrement exposées, elle peut atteindre 200 euros.

Mais ce n’est que le début. Si le maire met en demeure le propriétaire et que rien n’est fait, la sanction peut grimper jusqu’à 50 euros par mètre carré non débroussaillé, avec une astreinte quotidienne. En cas d’incendie, la franchise d’assurance peut aussi être fortement majorée, parfois jusqu’à 5 000 euros.

L’enjeu dépasse donc largement la simple question esthétique.

Comment savoir si vous êtes concerné ?

La première étape consiste à vérifier si votre département est classé à risque incendie. Ensuite, il faut examiner la distance entre votre habitation et une zone boisée. Enfin, le plan local d’urbanisme peut préciser si votre parcelle est située dans un périmètre soumis à débroussaillement obligatoire.

Les services municipaux ou préfectoraux peuvent fournir ces informations. Mieux vaut se renseigner avant le printemps avancé, plutôt que de découvrir l’obligation après un contrôle.

Entre écologie et sécurité : un débat qui divise

Chaque année, le mouvement du “Mai sans tondeuse” encourage à laisser pousser l’herbe pour préserver la biodiversité. De nombreux citoyens souhaitent favoriser insectes pollinisateurs et flore locale.

Mais face au risque croissant des incendies, les autorités rappellent que la sécurité prime. Le débroussaillement ne vise pas à uniformiser les jardins, mais à protéger les habitations et les vies humaines.

“Ce n’est pas une question d’esthétique, c’est une question de survie”, martèlent régulièrement les préfectures lors des campagnes de prévention.

Une date à ne pas ignorer

Le 1er juin 2026 peut sembler lointain. Pourtant, les travaux demandent du temps, surtout si le terrain est vaste. Attendre la dernière minute expose à des sanctions, mais aussi à un risque bien plus grave : voir un feu se propager jusqu’à son domicile.

Entre pelouse haute et obligation légale, la frontière est parfois floue. Mais une chose est certaine : dans les zones concernées, négliger le débroussaillement peut coûter bien plus cher qu’un simple passage de tondeuse.

Sources

Code forestier, articles relatifs à l’obligation légale de débroussaillement
Ministère de la Transition écologique – prévention des feux de forêt
Service-public.fr – obligations des propriétaires en zone à risque incendie